Résultats
de lédition 2002 de
lOiseau-Course
dHiver dAltitude
juin
2002 © Jacques Laesser
Les participants à lOCHA 2002 ont à
nouveau survécu à cette terrible épreuve
ornithologique, autant le dire... à cette épreuve
de la vie. Lexploit est plus remarquable encore
que celui de lannée passée puisque
pas moins de huit équipes se sont aventurées
ces 19 et 20 janvier 2002 à la recherche des oiseaux
hivernant en altitude, cest-à-dire au-dessus
de 1000m, avec un taux de survie de 100% (formidable !).
Un bref rappel des règles avant les résultats
et analyses nest pas inutile. Chaque équipe
dispose de 24 heures pour découvrir un plus grand
nombre despèces possible au-dessus de 1000
m daltitude. Les moyens de transports doivent être
uniquement mécaniques : marche, raquette, ski de
fond, peau de phoque, vélo, patin à roulette.
Dès que le chronomètre est lancé,
voiture, moto, train et ascenseur sont interdits. Léquipe
est composée au minimum de deux participants.
Avec deux éditions il est déjà possible
de mesurer lévolution de lOCHA : manifestement
en constant développement (lannée
prochaine on fait un graphique). Ainsi, en plus de la
progression du nombre déquipe (de quatre
à huit), lOCHA sest internationalisée.
La représentation de participants des Alpes françaises
et de la Sierra madrilène ajoute de lintérêt
à cette modeste, mais ambitieuse manifestation.
Cest dans le Jura que la concurrence sest
montrée la plus vive. De Moron BE à Sainte-Croix
VD, quatre équipes salignaient. Les ornithologues
alpins de Suisse ont par contre déçu. On
ne trouve dans les limites suisses de ce massif que léquipe
des « La fondue avant tout » prospectant dans
la région du Moléson FR qui semblerait devenir
un bastion fidèle de lOCHA. Les genevois
des « Ça se lève de bon matin »
ont franchi de peu la frontière pour observer sur
le Salève, géographiquement parlant, plutôt
inclus dans la chaîne alpine. Sa situation originale
distingue toutefois ce sommet du contexte alpin. La suprématie
des Jurassiens ne peut que piquer la fierté des
alpins. Nous espérons une meilleure participation
de lautre côté du Moyen-Pays pour lhiver
prochain.
Le spectre latitudinal sagrandissant, létablissement
de catégories sest avéré judicieux.
Les équipes respectives des 42-43°N et 44-45°N
ont encore manqué de concurrence, mais cest
très provisoire, nous en sommes convaincus et lhistoire
de lOCHA les élèvera sans doute au
rang de pionniers ! On pouvait sen douter, leur
participation a amené son lot de nouvelles espèces
à la liste. Les « Condors du Champsaur »
ont permis lajout des Tétras lyre, Autour
des palombes, Canard colvert, Sizerin flammé (cabaret)
et Pigeon ramier, alors que les « El explorator
y familia », encore en rodage, ont documenté
la présence du Pouillot véloce et du Vautour
fauve.
Dans les 46-47°N la faible représentation des
alpins a eu des conséquences sur le nombre total
despèces observées. Malgré
la découverte de cinq nouveautés (Grosbec
casse-noyaux, Mésange à longue queue, Faucon
crécerelle, Bergeronnette des ruisseaux et Moineau
friquet) le total ne sest élevé quà
42 espèces contre 46 lhiver passé.
Dans lensemble, ces résultats chiffrés
inspire dautres commentaires pertinents : «
Vive les meilleurs et bravo à tous ! »
Résultats
46 - 47°N
Voici les résultats par équipes, du nord
au sud :
Les Crotzérans
Participants : Arnaud Brahier, Laurent Juillerat, Christelle
Allimann et Mireille Pittet
régions visitées : Moron et les Genevez
BE
moyen de transport : marche et translation intersidérale
(il est peu souhaitable que lutilisation de ce dernier
moyen de transport constitue un précédent
; nous linterdirons à lavenir)
résultat : 29 espèces
Les Orphelins
Participants : Sylvain Antoniazza et Thierry Heger
régions visitées : La Chaux-de-Fonds - Les
Hauts-Geneveys NE
moyen de transport : marche
résultat : 25 espèces
Les Réguluces
Participants : Jacques Laesser, Boris Droz, Thierry Bohnenstengel
régions visitées : La Sagne - La Chaux-de-Fonds
moyen de transport : raquettes et marche
résultat : 32 espèces
Les OCHA rogne de chardo de Santa Cruz de la muerte
Participants : Anatole Gerber et Albert Bassin
région visitée : Sainte-Croix
moyen de transport : vélo
résultat : 36 espèces (record des 46-47°N
pulvérisé !)
Les « la fondue avant tout »
Participants : Jérôme Gremaud, Sarah, Fabien
Charrière et Catherine Tissot
région visitée : Moléson
moyen de transport : marche
résultat : 19 espèces
Les « ça se lève de bon matin »
Participants : Bram Piot et Cyril Schönbächler
région visitée : Le Salève F/01
moyen de transport : marche
résultat : 22 espèces
Honneur à tous, car cest grâce à
chacun que les intéressants résultats qui
suivent peuvent être exposés. Voici une présentation
des espèces par « classe dabondance
selon les critères OCHA » et quelques éléments
de discussion. Pour les conclusions il faudra patienter
quelques années encore !
Les
universels
Espèces rencontrées par les six équipes
(entre parenthèses, résultats 2001)
Grand Corbeau (4/4)
Geai des chênes (4/4)
Merle noir (4/4)
Grive litorne (2/4)
Roitelet huppé (4/4)
Mésange charbonnière (4/4)
Mésange bleue (4/4)
Mésange noire (4/4)
Mésange huppée (3/4)
Pinson des arbres (4/4)
Pinson du Nord (1/4)
Bouvreuil (4/4)
Grâce à la participation de six équipes
contre quatre lannée précédente,
la catégorie des universels dans les 46-47 devient
plus sélecte. Des valeurs sures restent. Neuf espèces
obtiennent un 10 / 10 (cumul de 2001 et 2002). Ce sont
elles les véritables universelles. On y retrouve
typiquement les visiteurs de mangeoires : Merle noir,
Mésanges charbonnière, bleue et noire, Pinson
des arbres et Bouvreuil ; mais aussi le Roitelet huppé
(forestier pur et dur !), le Grand Corbeau et le Geai.
A cela sajoute la Mésange huppée qui
na manqué que chez une équipe lan
passé.
On remarque comme invité surprise la Grive litorne
qui nest pas réputée hivernante régulière
en altitude. Son séjour assez généralisé
en altitude est certainement à mettre en relation
avec une bonne production de baies. A La Chaux-de-Fonds,
il semble que ce soient les fruits de lAlisier qui
aient encouragé la présence hivernale prolongée
de ces oiseaux. Sur ce site où lhivernage
a été relativement bien suivi, le nombre
a décru fortement dans le courant de lhiver.
Cet hiver, toutes les équipes des « 46-47
» ont pu observer des Pinsons du Nord, résultat
contrastant avec celui de lhiver précédent.
Ils nétaient donc pas tous en Ajoie ! A première
vue, lhivernage de ces oiseaux nest pas du
tout régulier.
Le Grand Corbeau nest pas partout une espèce
facile et aurait pu manquer chez une équipe ou
lautre. Ce soucis na pas effleuré les
Crotzérans : « Quatre buses et une centaine
de Grands Corbeaux à 1300 m pourraient étonner
le simple quidam, il faut savoir que ces charognards sont
abondamment nourris (tous les deux jours...) par Monsieur
Eggler (je te dis pas le charnier que ça fait derrière
son chalet où il nous a aimablement offert de la
goutte de sorbier quon a siroté en regardant
les fauves au travers dune vitre miroir. »
Les dipables
Espèces rencontrées par quatre ou cinq équipes
5 / 6
Corneille noire (4/4 ; manque au Salève F/01)
Pie bavarde (2/4 ; manque au Moléson FR)
Troglodyte mignon (2/4 ; manque au Salève)
Sittelle torchepot (3/4 ; manque au Moléson)
Grosbec casse-noyaux (First for OCHA ! ; manque au Moléson)
Verdier dEurope (4/4 ; manque au Salève)
4 / 6
Buse variable (2/4 ; manque au Moléson et au Salève)
Pic épeiche (2/4 ; manque sur le parcours des Orphelins
NE et au Moléson)
Mésange nonnette (2/4 ; manque au Moléson
et au Salève)
Grimpereau des bois (3/4 ; manque sur le parcours des
Orphelins et au Moléson)
Moineau domestique (3/4 ; manque au Moléson et
au Salève)
Tarin des aulnes (2/4 ; manque dans le Jura bernois et
au Salève)
Bec-croisé des sapins (4/4 ;; manque sur le parcours
des Réguluces NE et au Moléson)
Pas facile de diper ! Si sur le moment cest très
pénible pour les valeureux équipiers, cest
grâce à ce phénomène impopulaire
quon distingue les oiseaux véritables universels
des « relativement communs, mais finalement pas
tant que ça », nommément : les Dipables.
Dans un proche avenir, les spécialistes augurent
quun prochain challenge des ochalogues consisteraient
à envoyer les plus fervents ornithologues dans
les milieux les plus extrêmes de manière
a ébranler le statut des espèces encore
prétendues « universelles ». A cet
égard, nos sincères félicitations
à léquipe des « Ca se lève
de bon matin », deux excellents ornithologues genevois
qui ont réussi à documenter lincroyable
absence de la Corneille noire au Salève ! Grâce
à eux, lespèce est reléguée
dans les « dipables ».
Cette liste despèce est la plus difficile
à analyser. On pourrait avancer comme raison dabsence
celle effective en rapport à lécologie
de loiseau (Buse, Moineau domestique, Pie bavarde,
Corneille noire) ; la relative rareté de lespèce
qui pourtant sur 24 h est jouable dans la plupart des
cas (Grosbec, Tarin) ; sa discrétion (Grimpereau
des bois, Troglodyte). Il reste quelques espèces
dont les absences restent difficilement explicables, mais
qui cachent peut-être des exigences écologiques
peu soupçonnées (Mésange nonnette,
Pic épeiche).
Belle fréquence du Grosbec qui fait une entrée
fracassante dans les listes de lOCHA. Dailleurs,
les Crotzérans observent cela très justement
:
« Abondance du Grosbec cette année (observé
dans cinq carrés kilométriques différents
!) et celle, plus relative, du Pinson du Nord. »
Y a-t-il un parallèle à tirer entre labondance
des deux espèces ? Les prochaines OCHA nous le
diront peut-être.
Les jouables
Espèces découvertes par deux ou trois équipes
3 / 6
Pigeon biset (1/4 ; La Chaux-de-Fonds et Sainte-Croix
VD)
Tourterelle turque (1/4 ; Les Genevez JU et La Chaux-de-Fonds)
Pic vert (2/4 ; Sainte-Croix, Moléson et Salève)
Pic noir (1/4 ; La Sagne NE, Saint-Croix et Moléson)
Mésange boréale (4/4 ; Les Genevez, Sainte-Croix
et Salève)
Mésange à longue queue (First for OCHA !
; Moron BE, Sainte-Croix et Salève)
2 / 6
Faucon crécerelle (First for OCHA ! ; un à
La Sagne, un au Bullet VD)
Cassenoix (2/4 ; Moron, Sainte-Croix)
Rougegorge (1/4 ; un à Sainte-Croix, un au Salève)
Etourneau sansonnet (1/4 ; plusieurs dizaines à
La Chaux-de-Fonds et à Sainte-Croix)
Bruant jaune (1/4 ; 5 ou 6 à Moron, 5 à
Genevez, 7 à Sainte-Croix)
Comme la précédente, cette liste contient
des espèces aux statuts très divers. Remarquons
deux nouveautés pour lOCHA, le Faucon crécerelle
et la Mésange à longue queue. Pour le premier,
le froid de décembre na donc pas contraint
ce rapace à redescendre du Jura. Lépaisseur
de la couche de neige, particulièrement faible
cette année, semble par contre être un facteur
plus limitant lorsquelle devient importante.
La découverte de Mésanges à longue
queue par trois équipes est une très bonne
surprise. Sagit-il dune année particulière
? Les futures OCHA le diront !
Pour plusieurs espèces, on rencontre une présence
éparse qui correspond vraisemblablement à
un hivernage limité en altitude (Rougegorge, Etourneau,
Bruant jaune). Le dernier de ces passereaux a dailleurs
été trouvé en deux sites par les
Crotzérans, dont lun à 1200 m dalt.
Là encore, on se réjouit de collecter plus
de données ces prochains hivers dans lespoir
de tirer quelques généralités.
Deux situations différentes entre 2001 et 2002
pour la Mésange boréale. Vue par tous lan
passé, seulement une équipe sur deux la
repéré cet hiver.
Pour le reste, on retrouve clairement les citadins purs
et forcément à répartition limitée
en dessus de 1000 m (Pigeon biset et Tourterelle turque)
et les habitants discrets de la forêt difficiles
à trouver (Pics vert et noir, Cassenoix).
Les OCHA-raretés
Espèces découvertes que par une équipe
Héron cendré (1/4 ; deux à La Sagne)
Bergeronnette des ruisseaux (First for OCHA ! ; une à
Sainte-Croix)
Grimpereau des jardins (1/4 ; présent à
La Chaux-de-Fonds)
Moineau friquet (First for OCHA ! ; deux à La Sagne)
Chardonneret élégant (2/4 ; une à
Sainte-Croix)
Venturon montagnard (1/4, Moléson)
Aaaah ! Voilà du piquant. De par son concept, lOCHA
propose une nouvelle conception de loiseau rare.
Des espèces trop souvent banalisées deviennent
ainsi très désirables pour les ornithologues.
Pour commencer, les nouveautés : Bergeronnette
des ruisseaux et Moineau friquet. A confirmer les prochaines
années !
Le Chardonneret confirme sa présence hivernale
en altitude. Cest ainsi la seule espèce H
(au sens des codes Sempach) découverte au-dessus
de 1000 m par les équipes de lOCHA.
Avec une mention par édition, le Venturon reste
une OCHA-rareté. Il sagit jusquà
présent dune exclusivité du massif
alpin. Peut-être quune meilleure représentation
des équipes alpines permettra à lavenir
de hisser le Venturon dans une catégorie supérieure.
Enfin, le Héron et le Grimpereau des jardins ont
été retrouvés aux mêmes sites
que lannée précédente.
Les absents
Aigle royal (1/4)
Epervier dEurope (2/4)
Perdrix bartavelle (1/4)
Hibou moyen-duc (1/4)
Pic mar (1/4)
Chocard à bec jaune (1/4)
Pipit spioncelle (1/4)
Accenteur alpin (2/4)
Grive draine (1/4)
Eh oui ! Cétait pas mal aussi 2001... Labsence
déquipes alpines se fait ressentir. Le Chocard,
lAccenteur alpin ou même lAigle mériteraient
de mieux figurer au palmarès de lOCHA. On
espère plus dornithos alpins pour lannée
prochaine.
Labsence de la Grive draine est remarquable, dautant
plus que la Litorne a été trouvée
par tous. A suivre attentivement ces prochains hivers
!
Instants choisis des 46-47°N
(A mon avis, cest le meilleur dans les comptes-rendus
de lOCHA !)
Echos des « Orphelins »
par Sylvain Antoniazza et Thierry Heger
Nous débutons la deuxième OCHA au centre
ville de La Chaux-de-Fonds samedi 19 janvier au milieu
de laprès-midi. La météorologie
ne nous a pas fait de cadeau. La pluie tombe sur la ville
enneigée. Le décor nest pas paradisiaque.
Les oiseaux se montrent discrets au coeur de la ville.
Notre première espèce observée est
la Corneille noire (1). Celle-ci ne va pas nous permettre
de recevoir un bonus supplémentaire attribué
aux espèces exceptionnelles !! [note du compilateur
: laction de cette année, Bruant des neiges
= bonus de 1000 points !]
Un peu plus loin, vers des maisons bordées par
de modestes espaces verts, nous observons plusieurs espèces
supplémentaires : Mésange charbonnière
(2), Merle noir (3), Pie bavarde (4), Pinson des arbres
(5) et Pinson du Nord (6). Cette dernière espèce
sest montrée à nous pour la première
fois à la rue du Nord. Est-ce le fruit du hasard
ou est-ce une manifestation dune loi biolinguistique
pas encore élucidée ?
Les auteurs de cet article ne tiennent pas à prendre
position pour lune ou lautre de ces hypothèses.
Nous conseillons toutefois très vivement les ornithologues
curieux de science à se rendre à la rue
du Cygne afin de confirmer ou dinfirmer cette éventuelle
loi biolinguistique.
Cest au Bois du Petit Château que nous découvrons
les prochaines espèces : Tourterelle turque (7)
et Sittelle torchepot (8).
Nous continuons ensuite le parcours en direction du quartier
de la Sombaille. Ce trajet nous permet encore de cocher
trois espèces supplémentaires : Moineau
domestique, Grive litorne et Mésange bleue (11).
La nuit sinstalle gentiment. Le vent et la neige
délogent la pluie. Ces conditions peu favorables
nous poussent à renoncer à la prospection
des nocturnes. Nous faisons demi-tour et rejoignons le
centre ville. Lobservation du samedi est terminée
mais il faut déjà se plancher sur le parcours
du lendemain. Les décisions stratégiques
se feront au sommet de la tour dEspacité,
cest-à-dire au 17 ème étage.
Pour sy rendre, la très grande majorité
des gens utilisent lascenseur. Nous voulons également
lutiliser mais nous réalisons au dernier
moment et avec stupéfaction que ce moyen de transport
motorisé nous coûterait la disqualification
!! Grosse frayeur !!!
Nous empruntons donc les escaliers pour se rendre à
cet observatoire stratégique.
Cette journée se termine chez Jacques en dégustant
une bonne fondue [au Chaux-dAbel et à la
gentiane] en compagnie de léquipe adverse
de la Chaux-de-Fonds [les Réguluces].
Le lendemain matin, nous émergeons péniblement
des draps puis nous nous rendons à nouveau chez
Jacques pour partager le petit déj. Nous sommes
heureux de constater que le temps sest rétabli.
Il ny aura donc pas besoin de scanner depuis un
bistro. Cette journée sannonce donc plus
favorable que laprès-midi précédent.
Après avoir avalé quelques tartines, nous
démarrons sans plus attendre.
Nous traversons La Chaux-de-Fonds en essayant de distancer
lautre équipe qui nous suit sur le trottoir
opposé.
En arrivant à la gare, nous parvenons enfin à
les semer. Cest à cet endroit que nous observons
seulement notre premier Pigeon domestique (12). Nous montons
ensuite au parc Galley sans réitérer notre
frayeur de lascenseur ! Dans ce parc, nous observons
quelques charmants volatiles : Roitelet huppé (13),
Grosbec (14), Bouvreuil (15), Verdier (16).
Nous continuons en direction de la patinoire. Ce bâtiment
semble plus célèbre pour son club de hockey
que pour les Tarins (17) et le Troglodyte (18) qui se
baladent dans les buissons avoisinants. Les derniers quartiers
de la ville nous permettent encore de voir deux ou trois
Geais (19). Nous prenons alors la direction du mythique
Cerisier. Cet endroit semble bien vide en cette saison.
A ce moment-là, nous quittons la civilisation et
traversons la forêt qui borde le Mont Sagne. Nous
restons quand même sur des chemins goudronnés
pour ne pas se crever dans la grosse neige ! Cest
ici que nous rencontrons plusieurs Mésanges noires
(20), huppées (21), et nonnettes (22) dans le même
bosquet. Nous observons aussi notre deuxième et
dernier Grosbec du week-end.
Pour se rendre à la Corbatière, nous suivons
sur 1 kilomètre environ une charmante route cantonale.
Une Buse variable (23) vole, puis deux, puis encore une
troisième. Cest alors que deux des buses
sallient contre la troisième et la chassent.
Cette dernière fini même par tomber au sol,
puis elle séloigne, harcelée par un
Grand Corbeau (24). Les deux autres vont se poser à
la lisière de la forêt.
Nous empruntons la piste de ski de la Corbatière
pour rejoindre le sommet de la Roche aux Cros où
nous pique-niquons non loin dun superbe bouquetin
mâle. Après avoir retrouvé quelques
forces, nous traversons la crête en directions de
Tête-de-Ran. Arrivés là-bas vers 14h30,
nous observons ou plutôt nous entendons notre dernière
espèce : le Bec-croisé (25).
Nous marchons encore un moment sur la crête avant
de rejoindre les Geneveys-sur-Coffrane où nous
arrivons juste à temps pour attraper le train.
Ainsi se termine la belle aventure OCHA à laquelle
nous avons eu beaucoup de plaisir à participer.
Vivement lhiver prochain !!!!!!
Echos des « la fondue avant tout »
par Jérôme Gremaud
C'est bien connu, le meilleur, dans l'Oiseau-Course, c'est
la fondue. Partant de cette constatation, l'équipe
gruyérienne a changé sa devise de l'an passé
(« laissons les petits oiseaux venir à nous
») en une tactique un brin plus culinaire «
la fondue avant tout ». Nous partions donc sans
attente aucune au niveau des espèces.
Ce n'est que dans la soirée, après avoir
passé l'après-midi à sélectionner
les meilleurs Gruyères et Vacherins, que l'équipe
entame la montée vers le chalet des Petites Clefs.
L'Oiseau-Course commença réellement sur
le coup de 8h30 dimanche lorsque le cri de la Mésange
noire parvint à nos oreilles enchantées.
Le Bouvreuil suivit de peu. Les espèces s'égrenèrent
ensuite régulièrement jusque à la
fin, vers 10h45.
Résultats 44-45°N
LOCHA sinternationalise et cest avec
un plaisir non dissimulé que nous accueillons une
équipe qui a oeuvré dans les Hautes-Alpes,
dans des conditions particulièrement difficiles
paraît-il. Une équipe du Vercors sétait
annoncée pour renoncer à cause du temps.
Ce nest que partie remise !
Donc pour cette nouvelle catégorie en devenir,
voici les vainqueurs et seuls participants (ce qui nenlève
rien au mérite !) :
Les condors du Champsaur
Participants : Jean-Christophe Gattus et Agnès
Vivat
régions visitées : Champsaur, Hautes-Alpes
moyen de transport : vélo
résultat : 36,5 espèce (record toutes catégories
!)
Ces résultats plus méridionaux permettent
déjà quelques comparaisons intéressantes
avec les latitudes que lOCHA a bien documenté.
Comme on pouvait sen douter, la liste contient des
inédits : Chouette hulotte (pourtant plusieurs
équipes des 46-47° sont sorties de nuit), Tétras
lyre, Autour des palombes, Canard colvert, Sizerin flammé
(cabaret) et Pigeon ramier. On remarque quelques oiseaux
classés seulement « jouables » ou «
OCHA-raretés » dans les 46-47° qui deviennent
abondantes semble-t-il (Rougegorge, Grive draine). Parmi
les absents, il manque notamment la Mésange bleue,
le Verdier et le Grosbec. Sagit-il de simples «
accidents » ? Nous espérons vivement que
cette première tentative dans les 44-45° encourage
dautres équipes à partir à
la découverte des oiseaux hivernants dans leurs
montagnes.
Voici les résultats détaillés des
Condors du Champsaur :
N°, Espèce et Abondance (+ à ++++)
1 Chouette hulotte 1
2 Rougegorge familier ++++
3 Grive litorne +++
4 Grand corbeau ++
5 Pinson des arbres +++
6 Mésange charbonnière ++++
7 Tétras lyre ! 2
8 Pinson du nord ++
9 Pic épeiche ++
10 Mésange noire ++++
11 Bec-croisé des sapins +++
12 Mésange boréale ++
13 Geai des chênes +++
14 Tarin des aulnes +
15 Pic noir +
16 Mésange huppée +++
17 Roitelet huppé +++
18 Mésange à longue queue ++
19 Bouvreuil pivoine ++
20 Sittelle torchepot +++
21 Pic vert +
22 Grive draine ++
23 Grimpereau des bois +
24 Venturon montagnard +
25 Autour des palombes 1
26 Merle noir ++
27 Buse variable +
29 Corneille noire ++
30 Pie bavarde 1
31 Moineau domestique +
32 Canard colvert +
33 Bergeronnette des ruisseaux 2
34 Sizerin flammé 21
34.5 1/2 Faucon pèlerin 1/2
35.5 Troglodyte mignon 3
36.5 Pigeon ramier 3
Bien au courant de ce quattendent les lecteurs des
comptes-rendus de lOCHA, les Condors du Champsaur
nous ont fait parvenir un récit à la hauteur
de leur performance.
Instants
choisis des 44-45°N
Echos des Condors du Champsaur
par Jean-Christophe Gattus
C'est à la nuit tombée que le vendredi 18
janvier au soir nous quittons Gap, les VTT dans le coffre
de la voiture, pour le Col de Gleize (1697 m), point de
départ de notre expédition. Compte tenu
de la froideur ambiante, nous investissons bien vite le
refuge ONF du col et faisons une bonne flambée
dans le poêle branlant. C'est dans une douce chaleur
quelque peu enfumée que nous dégustons un
excellent foie gras maison afin de prendre quelques forces
pour affronter les épreuves à venir
Après un bref débat pour savoir si on peut
compter le canard dans la liste, c'est le ventre bien
plein que nous partons vers 21h sur la piste forestière
de Chaudun, bien décidés à commencer
notre liste d'observation avec un rapace nocturne. Nous
sifflotons quelques minutes sur l'air de la Chevêchette
et de la Tengmalm dans un calme absolu et sous un ciel
sans lune, c'est finalement une Hulotte qui nous répond,
quelque peu agacée pour cet impromptu tapage nocturne
! Ca y est : il est 21h30 et c'est parti pour 24h d'OCHA
!
Après une excellente nuit de sommeil, c'est la
fraîcheur du petit matin qui nous sort de notre
torpeur (il a bien du faire 10°C voire 15°C
dehors
). Le jour pointe et les premiers oiseaux
se font entendre : Rougegorge, Grive draine, et surprise,
alors que nous préparons les vélos, le roucoulement
d'au moins deux Tétras lyre descend des pentes
du Pic de Gleize.
Après avoir vu une dizaine d'espèces autour
du chalet, que les boules de graisse déposées
la veille à la hâte n'intéressent
pas du tout, nous partons à vélo sur la
neige dans le bassin de Chaudun, où la liste s'allonge
rapidement : mésanges, sittelle, pics, puis l'ambiance
se calme et le retour vers le refuge ne nous offrira que
le Grimpereau des bois et le Venturon. Le ciel se voile
et l'aigle n'est pas décidé à se
montrer.
Une fois endossé l'équipement lourd (pique-nique,
longue-vue,
), nous enfourchons à nouveau
nos destriers pour plonger sur le Col Bayard (1240m).
La descente nous glace mais nous offre en bonus l'Autour
des palombes ! Aux abords des fermes, quelques familiers
se montrent enfin : Merle noir, puis Mésange bleue.
Les comptes sont refaits, nous sommes à 29 !! La
tension est à son comble. Une incursion dans le
bocage champsaurin glacé semble s'avérer
infructueuse, quand soudain le cri tant espéré
retentit. Levant là tête, nous la voyons,
dans sa robe d'ébène aux reflets moirés,
la corneille est là : 30 ! Nos extrémités
douloureuses nous rappellent vite à la réalité
et nous devons convenir à regret que le Champsaur
en hiver n'est vivable que si l'on y est né
Nous remontons donc au col Bayard et nous tournons vers
le bassin gapençais, à la poursuite d'autres
mythes. A Chauvet, nous tombons sur une mangeoire bourdonnante
où 3 espèces de mésanges et des sittelles
se débattent, mais rien de neuf. Encore quelques
hameaux bien pourvus en haies, mais rien d'autres que
les merles, pinsons, mésanges
Au détour
d'un pré, Agnès s'immobilise et
oui,
c'est bien une pie posée là-bas ! Son cri
mélodieux retentit et elle s'enfuit dans des éclairs
blancs. Celle-là était un peu inattendue.
Nous arrivons au canal de Gap, qui a pour nos corps fatigués
l'énorme avantage de n'avoir qu'une pente très
faible à environ 1100 mètres d'altitude.
Vers 14h l'arrêt pique-nique est bien mérité,
et sera largement occupé à scruter en vain
la montagne de Charance en quête de rapaces. Le
ciel reste gris et le froid insidieux. Notre esprit est
par ailleurs assombri par un doute : verrons-nous le Moineau
domestique ? en fait nous formulons cette question intérieurement
car tout OCHAlogue sait bien combien cette espèce,
sorte de Graal de l'épreuve, peut se faire capricieuse
Nous reprenons notre parcours calmement, avec un objectif
clair : les Colverts du lac. Une brève portion
de route doit nous y mener. Mais voilà un coin
familier, où l'on reconnaît un hameau, et
plus précisément une haie, où nous
avions vu en novembre
mais oui, ils y sont toujours,
et nous ne pouvons retenir des cris de joie devant la
troupe grouillante de moineaux, au grand étonnement
d'un cycliste passant par là. A partir de là,
tout nous paraît superflu. Nous voyons tout de même
avec bonheur ces fidèles colverts barbotant dans
les dix mètres carrés d'eau libre à
l'amont du lac de Charance. Plus loin, une Bergeronnette
des ruisseaux apprend à faire du patin à
glace. Nouvelle pause : au pied de la falaise, la longue-vue
est braquée vers la zone où niche le Pèlerin.
Un rapace ardoisé traverse l'objectif furtivement,
et ne sera plus revu
le demi-point nous sera-t-il
accordé ? Cette angoisse est vite dissipée
par l'interruption inattendue par une bande de 21 Sizerins
flammés, bien rares dans ce coin du département.
Agnès fait la sieste et sera réveillée
par mon agitation à la vue d'un Pigeon ramier.
Nous cheminons encore et voyons de nerveux Troglodytes
garder leur territoire. Fatigués et transis, nous
renonçons à entreprendre l'ascension vers
la brèche, malgré l'absence de rupicoles
sur notre liste. Et c'est vers 17 heures que nous passons
sous la barre fatidique des 1000 mètres. Nous descendons
à vélo jusqu'à Gap, et heureusement,
aucune nouvelle espèce ne se montrera à
nous dans cet intervalle
Enfin au chaud, un bon
chocolat à la main, nous savourons notre périple
en contemplant la liste et en pensant à tous ceux
qui y manquent
cette année !
Résultats
42-43°N
Quel privilège de pouvoir compter sur une participation
dans ces latitudes ! A dire vrai et comme le signale le
participant principal, il sagissait plus dun
repérage que dune performance, les conditions
dobservations nétant pas optimales
: « Ainsi que je te le racontais très brièvement
dans mon précédent message, j'ai fait une
petite (5h) balade dans la Sierra madrilène en
compagnie de mon père et de mon cousin. En vérité,
j'ai passé ma journée à courir après
eux, puisque je m'arrêtais assez souvent et qu'il
me fallait ensuite les rattraper. Bref, ce n'était
pas vraiment l'idéal. »
Cette expédition a pourtant ajouté deux
espèces à la liste, dont la première
que beaucoup déquipes helvétiques
envient en particulier : Vautour fauve et Pouillot véloce.
Mais célébrons léquipe qui
a permis dinaugurer la catégorie la plus
méridionale de cette édition 2002 de lOCHA
:
El explorator y familia
Participants : Adrian Rodrigues Quiroga, son père
et son cousin
région visitée : Sierra madrilène
moyen de transport : marche
résultat : 11 espèces (record 42-43°N)
Instants choisis des 42-43°N
par Roro [Adrian Rodrigues Quiroga]
La balade a commencé au col de Navacerrada (1900
m) et s'est achevé au village de Cercedilla (1150
m). Presque toute la marche s'est effectuée à
travers une vaste pinède surtout peuplée
de Mésanges (noire et huppé) et de Becs-croisés.
Très beau mais d'une monotonie un peu frustrante.
Qui plus est, le chemin suivait en grande partie le flanc
nord de la cordillère, qui n'était pas du
tout exposé au soleil !
Pour te situer un peu, voici une brève description
des étages de végétation de la sierra
de Guadarrama :
Etage meso-méditerranéen / --> 1000 (1200)
m
C'est l'étage du Chêne vert ibérique
(Quercus rotundifolia), dont il ne subsiste que de très
rares forêts dignes de ce nom. Le système
d'exploitation de la « dehesa » - pâturages
extensifs parsemés de grands chênes verts
- constitue le paysage caractéristique de cet étage.
Etage supra-méditerranéen / 1000 (1200)
- 1600 (1800) m
Le Chêne tauzin (Quercus pyrenaica) est l'arbre
dominant de cet étage. Cet arbre ne pousse cependant
que sur des sols acides, tels que ceux qui se forment
sur les gneiss et granites des sierras madrilènes.
Dans la partie supérieure de cet étage,
le chêne a été artificiellement supplanté
par le Pin sylvestre.
Etage oro-méditerranéen / 1600 (1800) -
2100 (2200) m
Genévriers nains (Juniperus nana) et Cytises (Cytisus
oromediterraneus) constituent une dense strate arbustive
coiffée ou non par une strate arborescente constituée
exclusivement de Pins sylvestres (Pinus sylvestris). Les
pins disparaissent progressivement au dessus de 2000 m.
Etage cryo-méditerranéen / > 2100 (2200)
m
Pelouses acidophiles plus ou moins ouvertes dominées
par des herbes en touffes ou en coussinets : Festuca indigesta,
Hieracium myriadenum, etc...
C'est donc deux étages de végétation
que nous avons traversés. Le pin a cependant presque
totalement supplanté le chêne tauzin dans
son étage de végétation et ce n'est
que vers 1300 m qu'un véritable changement de végétation
se fait sentir. Inutile de préciser que c'est également
à cette altitude que tu commences à voir
enfin autre chose que des mésanges. C'est également
à cette altitude qu'apparaissent les premières
constructions humaines...
En résumé, voici les seules espèces
que j'ai pu observer aujourd'hui :
Bec-croisé des sapins / Mésange noire /
Mésange huppée / Sittelle torchepot / Mésange
charbonnière / Merle noir / Moineau domestique
/ Pigeon biset (domestique) / Corneille noire / Pouillot
véloce / Vautour fauve
Liste extrêmement réduite, qui se serait
très certainement étoffée un peu
si j'avais eu un peu plus de temps pour « fouiller
» et me poser un peu. Ce n'était malheureusement
pas possible et je reviens un peu frustré de cette
balade. J'ai également vu passer au loin (en altitude)
plusieurs corvidés que je pense être des
chocards. Je ne te parle pas des cris non identifiés
qui le sont restés faute de temps et des jolis
petits coins que j'ai repéré mais que je
n'ai pas eu le temps de prospecter...
Bref, autant dire que j'ai surtout fait quelques repérages
qui me serviront pour monter une véritable équipe
l'année prochaine, constituée d'ornithologues
moins soucieux d'aligner des kilomètres. Je pense
également qu'il faudrait dormir sur place (au col
de Navacerrada) pour disposer d'un peu plus de temps...
Ne tiens donc pas compte de mes obs pour cette édition,
mais rendez-vous est pris pour la suivante [exclu pour
la première remarque, mais enregistré pour
la seconde !].
Epilogue
La deuxième édition de lOCHA a donc
bien vécu. Lenthousiasme des participants
et les résultats inédits laissent penser
que, à nen pas douter, le meilleur de lOCHA
reste à venir.
Le rendez-vous est ainsi pris pour le troisième
week-end de janvier (quon ne doive pas le répéter
chaque année). En 2003, ce sera la pleine lune
! Trouvez-vous au plus vite un agenda 2003 pour y inscrire
au stylo indélébile ce rendez-vous incontournable
des ornithologues daltitude.