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ÉTANG DES MONTOYES ET ALENTOURS
583
/ 243, 495 m
Bassecourt, Boécourt, Glovelier JU
Carte n°1085 St-Ursanne
Depuis
la gare de Glovelier, suivez sur quelques centaines de mètres les
rails en direction de Porrentruy, atteignez ensuite le passage à
niveau et retournez sur vos pas, mais de l'autre côté des
rails, évidemment. A votre gauche, une plaine cultivée intensivement
résonne au printemps au chant de l'Alouette. Après avoir
passé derrière une scierie, vous tombez sur une route goudronnée.
En période de migration, il n'est pas inutile d'aller jeter un
petit coup d'oeil sur le terrain d'aéromodélisme (2), un
gazon fort apprécié des pipits, Bergeronnettes printanières,
Tariers des prés et même Traquets motteux, si vous avez de
la chance.
En revenant sur vos pas, vous remarquerez un dépôt de gravier
(3) lié à la construction de la Transjuranne (N16) : un
endroit typique pour rencontrer la Linotte, le Serin et de nombreux Rougequeues
noirs et Tariers des prés en période de migration. Récemment,
un couple de Tariers pâtres y a élevé sa progéniture;
cette petite zone anodine constitue donc, d'après mes renseignements,
le cinquième site de nidification dans la vallée de Delémont
pour cette superbe espèce.
Après
avoir scruté saules, ronces et fils du train, vous pouvez longer
un petit ruisseau, avec à la clé le Cincle et, plus rarement,
un Martin-pêcheur de passage. Arrivé sur la route cantonale
entre Bassecourt et Boécourt, vous repartez à travers champs
sur une toute nouvelle route agricole et atteindrez à nouveau une
sorte de carrière (1) constituée de plusieurs
amas de pierres, goudron ou terre, au pied desquels coule un ruisseau
aux berges truffées de ronces.
Si vous n'avez pas encore vu de Pâtre, c'est ici que vous avez le
plus de chance de vous rattraper. L'oiseau appréciant autant la
gravière comme terrain de chasse bien découvert que le bord
de la rivière comme cachette où nidifier (rien n'est jamais
définitif en ornithologie, et cette année, le couple de
Pâtre se cantonne plutôt sur la barrière de la N16...).
Nombreuses sont les troupes de fringilles qui viennent ici chercher pitance,
payant néanmoins un lourd tribut à l'Epervier. Le rapace
a de beaux jours devant lui, car il n'est pas rare de rencontrer dans
cette décharge des groupes de Bruants des roseaux, d'Etourneaux,
et en moindre quantité, au passage, les trois espèces de
traquets. N'excluez pas non plus une heureuse rencontre avec une Fauvette
grisette ou babillarde.
Avis aux amateurs de rapaces élégants; en toute saison,
cette promenade vous permettra au moins de voir le Milan royal. C'est
en effet un nicheur bien présent, un migrateur abondant et un hivernant
souvent isolé dans la région, bien qu'un dortoir d'une dizaine
d'individus puisse parfois se former!
Après les Montoyes, véritable clou de la visite, il ne vous
reste qu'à reprendre votre route à travers champs vers la
gare de Glovelier.
L'étang des Montoyes
L'étang des Montoyes (4) est un site construit de toutes pièces,
dont le but premier est... de recueillir les eaux usées de la N16
(!), cette autoroute passant à quelques mètres de là.
Il partage cette caractéristique avec l'étang de la Graiveratte,
décrit par la suite.
Une perte de diversité guette malheureusement ces deux étangs,
la végétation ayant tôt fait, dans un milieu sans
dynamique, de reprendre ses droits et de tout envahir sans demander l'avis
des limicoles, par exemple. Entre 1994 et 1996, peu après le creusage
de l'étang, le nombre de limicoles observés a été
très élevé. Aujourd'hui, seuls les Chevaliers culblancs
et guignettes sont encore réguliers et parfois obligés de
s'arrêter sur le ponton bétonné du déversoir...
On est loin du printemps 1996 où le milieu était dégagé
au point de permettre une tentative de nidification du Petit Gravelot.
Tout cela montre d'ailleurs sans équivoque que la région
souffre d'un déficit en milieux favorables aux limicoles... L'étang
a été vidé dernièrement pour essayer de remédier
à ce problème et du même coup pour se débarrasser
de carpes envahissantes. Espérons que cette mesure contribuera
à relancer une dynamique positive sur les rives.
Malgré ces petites notes pas forcément réjouissantes,
il faut souligner que les Montoyes constituent le site le plus intéressant
pour observer la migration d'oiseaux liés à l'eau (laridés
et limicoles, entre autre) dans la vallée de Delémont. C'est
en effet la surface aquatique la plus grande de la région qui ne
soit pas un étang de pêche entouré de sapinières.
Vous voilà donc dans le genre d'endroit où rien n'est acquis
mais où tout est possible (le possible étant une variable
fortement liée à la présence régulière
d'un observateur assidu, en la personne de Jean-Marie Gisiger). De ces
données exceptionnelles pour l'arc jurassien, notons par exemple
l'Aigrette garzette, le Goéland brun, la Mouette tridactyle, la
Guifette moustac, la Marouette ponctuée et un séjour estival
de l'Echasse blanche !
En
hiver, si l'étang est exempt de glace, Foulques et Colverts tentent
l'hivernage, parfois accompagnés par le Fuligule morillon, qui
lui ne fait que passer. La Gallinule n'est en outre pas longtemps absente.
Plusieurs Bécassines des marais ont hiverné plus ou moins
régulièrement, tout comme d'ailleurs la Bécassine
sourde et la Sarcelle d'hiver. Pour les " têtes en l'air ",
il est vrai que Milans royaux, Buses, Faucons crécerelles et parfois
pèlerins résistent aussi au froid.
Le printemps revient rapidement avec le retour des Bruants des roseaux
et l'installation dès fin février du Tarier pâtre.
Mars et avril sont entre autre marqués par le retour très
attendu des rapaces; Balbuzard, Milan noir, Busard des roseaux, Faucon
hobereau et Bondrée pour ne citer qu'eux. Des Mouettes rieuses
ou des Sarcelles d'été de passage peuvent aussi faire la
joie de l'observateur. Pour les limicoles, comme signalé auparavant,
le nombre d'espèces et d'observations s'est fortement réduit
ces dernières années; Bécassines des marais, Chevaliers
guignettes et culblancs restent cependant réguliers.
En avril encore, si le temps est mauvais, il n'est pas rare de voir chasser
sur l'étang des groupes d'hirondelles, parmi lesquelles vous dénicherez
peut-être l'Hirondelle de rivage et, plus rarement, sa cousine de
rochers ; plus réguliers au pic de leur passage respectif, la Rémiz
penduline et le Martin-pêcheur.
En période de nidification, Foulques et Gallinules sont des habitués.
Le Grèbe castagneux va peut-être reprendre du poil de la
bête cette année... ses effectifs ayant en effet chuté
dernièrement, peut-être à cause de la prolifération
des carpes. Dans les roselières, les deux espèces de rousserolles
rivalisent de chants territoriaux, passant du rauque au mélodieux.
Notons encore que le Gobemouche gris, la Fauvette à tête
noire, les deux roitelets et la Tourterelle turque nichent dans la forêt
attenante.
Plus discret, le Faucon hobereau témoigne de sa présence
au mois d'août surtout, et me permet ainsi une superbe transition
sur la migration postnuptiale, qui n'est en fait pas foncièrement
différente de celle du printemps. Novembre par contre semble être
la période où vous avez le plus de chance de rencontrer
des canards de passage, comme le Canard siffleur, le Fuligule milouin
ou encore le Garrot sonneur. Avant la paix de l'hiver, peut-être
entendrez-vous encore le doux cri du Râle.
Accès
Depuis Delémont, prendre le train régional en direction
de Porrentruy (une liaison chaque heure). Descendre à Glovelier
et suivre les indications qui se trouvent en début darticle.
GdJ © Arnaud Brahier
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