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LE
SOMMET DE CHASSERAL
571
/ 220, 1600 m
Nods, Villeret, Cormoret, Courtelary BE, Le Pâquier NE
Carte n°1125 Chasseral
Le
massif du Chasseral est plus étendu quun simple " coin
" et sera décrit en plusieurs secteurs dobservation
(voir aussi la Steiner et Versant sud du Chasseral), tous compris dans
ce massif montagneux typique du Jura plissé.
Situé au sud du vallon de Saint-Imier, entre Les Convers à
louest et la Cluse de Rondchâtel à lest, le massif
du Chasseral sétend sur une trentaine de kilomètres
de longueur. En plus de sa longueur et de son altitude fort respectable
de 1607 m, la montagne se perd en plusieurs crêtes, combes, gorges,
plateaux et autres cluses, offrant une grande diversité de paysages
et dhabitats. Pour lornithologue, cest principalement
la zone du sommet qui rime avec découvertes et émotions
!
Les deux crêtes qui forment lépine dorsale du Chasseral
sont séparées par un petit replat fort sympathique, agrémenté
de vieilles forêts, de pâturages boisés et de quelques
métairies. Au sud de la crête la plus haute, la plus au sud,
sétend ladret de Chasseral, uniforme et largement boisé.
Au nord, on trouve un plateau situé à 1000-1100 m qui surplombe
le Vallon de St-Imier. Il est brutalement interrompu par la profonde gorge
de la Combe Grède, réserve naturelle bien connue. On y rencontre
de nombreux pâturages boisés, cultures et petites forêts.
Presque tous les milieux naturels présents dans le Jura bernois
sont représentés au Chasseral, et souvent dans des dimensions
fort respectables : différentes forêts, grandes falaises,
prairie rase au sommet, petites cultures, pâturages boisés,
petites rivières rapides... Cette diversité de milieux engendre
évidemment celle de lavifaune ; le lieu est une immense mine
de perles pour lornithologue ! Mais notre montagne sait bien cacher
ses trésors ; de nombreuses merveilles ornithologiques, botaniques
ou paysagères se situent cependant en dautres endroits, que
les curieux, les patients ou les acharnés se feront un plaisir
de découvrir. Plus dun naturaliste a " ses " coins
au Chasseral ! Nous nous contenterons de décrire quelques "
classiques ".
Milieu souvent hostile à lêtre humain moyen, la partie
la plus haute de la crête du Chasseral est cependant réputée
pour sa vue magnifique, son hôtel-restaurant bucolique, son antenne
romantique et ses touristes germaniques. En plus de ces merveilles, cet
endroit est un haut lieu de lornithologie régionale, voire
nationale !
A tort ou à raison, le passage dautomne est lévénement
ornithologique le plus suivi de la crête du Chasseral. Il est vrai
que cest la période de lannée qui permet les
rencontres les plus réjouissantes. Les prairies très pauvres
et caillouteuses recouvrant le sommet sont largement utilisées
comme site descale par les migrateurs. Pipits, Alouettes des champs,
rougequeues et Traquets motteux en sont certainement les utilisateurs
les plus assidus, à côté despèces moins
fréquentes comme le Sizerin ou la Grive mauvis par exemple. Dautres
hôtes plus exceptionnels apprécient aussi ce milieu extrême
: comment ne pas citer le mythique Pluvier guignard, bijou nordique souvent
observé ici entre fin août et début septembre, ou
le Bruant des neiges, plus rare encore, mais qui a déjà
fait le bonheur de bien des observateurs méritants. Il faut en
effet affronter les dures conditions de fin dautomne ou dhiver
pour avoir une chance de découvrir ce passereau rondelet venant
des plaines glaciales du Nord lointain
A
un niveau plus pratique, il faut avouer quil nest pas évident
de rechercher loiseau de ses rêves au Chasseral : les prairies
sommitales sont grandes, très grandes ! Certains lieux sont à
visiter en priorité : la crête principale, entre le péage
(1) et lantenne (5), ou encore la crête occidentale du Petit
Chasseral (4) sont à compter parmi ceux-ci.
Juste en contrebas de la crête principale, les petites forêts
dépicéas rabougris et les zones riches en buissons
offrent aussi un milieu très attractif pour les migrateurs en manque
de repos ou de nourriture. Pouillots, mésanges, rougequeues, accenteurs,
grives, Merles à plastron, Venturons, Linottes, Tarins, Beccroisés
et bien dautres se réfugient volontiers dans ces zones souvent
épargnées par le vent
et par la menace des prédateurs
!
Pour observer cette joyeuse activité, il est idéal de se
poster sur la crête juste au-dessus de ces zones. On a le choix
entre les buissons, à lest du sommet (6), et les pessières,
au sud-ouest de lhôtel (2). De nombreuses autres petites forêts
ou pâturages boisés offrent des milieux comparables, par
exemple à Chuffort (au sud-ouest du péage (1)) ou dans les
premières forêts à lentrée de la Combe
Grède (3).
Lautre grande attraction automnale est la migration active. Les
hirondelles des quatre espèces (rustique, de fenêtre, de
rochers et de rivage) et les Martinets noirs et alpins sont peut-être
les migrateurs les plus visibles ; mais de nombreux groupes de passereaux
plus discrets longent aussi les crêtes du Chasseral, souvent repérés
à leurs cris. Les rapaces et autres cigognes empruntent aussi cette
voie migratoire, mais lintensité du passage varie fortement
en fonction de paramètres souvent mystérieux. Buses, milans,
busards, faucons et Eperviers sont les espèces les plus fréquentes.
A ce niveau, le Chasseral ne peut pas vraiment être considéré
comme un haut lieu de passage de rapaces, même si la chance peut
vous sourire..
On peut se contenter dobserver cette migration simplement au fil
des balades dans les pâturages du sommet. Pour les plus décidés
(ou les moins marcheurs
), la crête est un bon point de vue,
à une centaine de mètres à lest de lantenne.
En hiver, le Chasseral subit bien entendu les rigueurs météorologiques
dune manière particulièrement forte. Seuls restent
quelques Grands Corbeaux, maîtres des lieux, une ou deux buses et
quelques fringilles ou turdidés courageux
Même le Faucon
crécerelle disparaît quelques temps de ses territoires de
chasse tant appréciés le reste de lannée. Mais
LE bruant peut aussi rôder par là
Après cette rude période, la migration printanière
est un plaisir à redécouvrir chaque année ! Apparemment
moins importante quen automne (mais peut-être est-ce dû
à la fréquentation moindre par les ornithologues?), elle
nen est pas pour autant inintéressante. Les espèces
et leur répartition sont semblables ; mais la migration active,
elle, reste très faible. On notera labsence du Pluvier guignard
au printemps (sauf exception bien sûr), et la fréquentation
aléatoire du Bruant des neiges, encore plus difficile à
voir quen automne ou en hiver. Signalons la présence un peu
moins exceptionnelle quà la mauvaise saison despèces
alpines un peu perdues : lAccenteur alpin, et même le Merle
de roche ou la Niverolle ont déjà été observés
quelques fois.
Dans les pâturages sommitaux, les Pipits spioncelles et les Alouettes
des champs sont les nicheurs les plus communs, et aussi les plus bruyants
! Le Crécerelle aussi est très démonstratif, se perchant
sur tous les promontoires à disposition. Le Farlouse est présent
également, bien que plus discret. Quant aux spécialités
que sont le Traquet motteux et lAlouette lulu, elles sont très
localisées et pas forcément évidentes à trouver
Venturons, Merles à plastron, Pipits des arbres et autres espèces
tout autant sympathiques peuplent les forêts du sommet et les pâturages
boisés aux alentours.
Accès
La voie la plus glorieuse est bien entendu celle qui mène au sommet
par la force des mollets. Dinnombrables variations sont possibles,
dont voici quelques classiques : un car postal relie les gares de La Neuveville
ou du Landeron au village de Nods : de là, lascension exige
de traverser les forêts du versant sud (voir la description plus
bas), ce qui ouvre de nombreuses possibilités de balades et dobservations.
Un peu plus long, mais au potentiel tout aussi élevé, lapproche
le long de la crête depuis les Prés dOrvin, accessibles
en bus postal depuis Bienne. La gorge étroite de la Combe Grède
(3) (départ de la gare de Villeret) est une autre alternative,
ainsi que toute autre variante individuelle depuis les gares du Vallon
de St-Imier.
Les transports publics mènent aussi à lhôtel
du Chasseral par lintermédiaire dun bus CJ partant
de St-Imier. Attention aux horaires, le bus ne circule que les quelques
mois dété et avec une fréquence journalière
peu élevée!
En dehors de lhiver, le Chasseral est évidemment accessible
en voiture (une visite un beau jour dété vous le confirmera
clairement !), depuis Nods ou les Savagnières-St-Imier.
GdJ © Anatole Gerber avec la collaboration dAlbert Bassin
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