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Les Bons Coins ornithologiques de Suisse romande [retour au sommaire]

LES PONTS-DE-MARTEL

546 / 204, 1000 m
Les Ponts-de-Martel, Brot-Plamboz NE
Carte n°1163 Travers


Le " haut plateau " des Ponts-de-Martel s’étend largement à 1000 m d’altitude entre la crête du Mont Racine et de la Turne et celle de Som Martel. En son temps, le fond de la vallée était essentiellement occupé par des tourbières. Aujourd’hui, leur superficie est bien moindre, fortement réduite par l’intense exploitation du début de ce siècle. Il en reste pourtant de belles reliques, comme le Bois des Lattes, la plus grande tourbière bombée de Suisse. Les terrains pris sur les marais ont été reconvertis en prés et en champs, implantés sur ce sol encore noir.
Venant de la vallée de la Sagne, le Bied des Ponts, canalisé sur presque toute sa longueur, zigzague entre les prairies. Après un coude à angle droit, le Bied se libère de ses endiguements et s’enfonce dans un petit vallon pour disparaître dans la perte du Voisinage. Les eaux ressortent dans le Val-de-Travers, à la hauteur de Noiraigue.
La vallée des Ponts est très intéressante au printemps pour les migrateurs, principalement de mi-avril à mi-mai. On y découvre le Héron cendré, la Buse variable, le Milan noir et royal, la Bécassine des marais, le Chevalier culblanc, des pipits (le Spioncelle hiverne et quitte les lieux surtout en avril; les Farlouses arrivent en mars, les Pipits des arbres vers mi-avril; les Pipits rousseline et à gorge rousse sont occasionnels), Bergeronnette printanière, Traquet motteux, Tarier des prés, Bruant des roseaux (surtout mars) et ortolan (de fin avril à début mai).
Les espèces nicheuses valent bien entendu également le déplacement. Les Cailles des blés sont nombreuses dans la vallée des Ponts et il arrive que l’une d’entre elles chante en pleine journée. On ne se rend compte de leur abondance que lors de sorties avant l’aube (à partir de 4 heure) entre mi-mai et mi-juin, quand leur activité vocale atteint son paroxysme. Le Râle des genêts, oiseau nicheur emblématique des prés de fauche, est devenu fort rare aux Ponts-de-Martel. Il est plus régulier dans la vallée de la Sagne. Là aussi, l’écoute nocturne (en juin) est la seule possibilité de contact avec cette espèce discrète. Autre espèce typique de ce genre de milieux, le Vanneau était observé chaque printemps dans la première moitié des années nonante, avec même une preuve de nidification en 1991. Ces événements semblent appartenir au passé, puisque le Vanneau est devenu un hôte de passage irrégulier. Au bord du Bied, le promeneur attentif peut découvrir d’autres oiseaux nicheurs ; citons le Pipit farlouse, le Tarier des prés et la Rousserolle verderolle. Dans les tourbières nichent le Pipit des arbres, la Fauvettes des jardins, le Pouillot fitis et le Sizerin cabaret. La Fauvette grisette y chante régulièrement ! Parmi les autres espèces communes, plutôt rencontrées dans les zones cultivées, citons encore l’Alouette des champs, le Bruant jaune, la Linotte mélodieuse, le Chardonneret, le Serin. Le Moineau friquet, lui, s’y fait plus discret…
L’automne est une saison plus calme, mais de bonnes surprises ne sont toutefois pas impossibles ; un Busard Saint-Martin peut toujours survoler la vallée ou une Bécassine des marais s’envoler du bord du Bied.


Accès
Un train circule régulièrement de la Chaux-de-Fonds aux Ponts-de-Martel. Un car postal (quelques correspondances par jour) de la ligne " Le Locle-Neuchâtel " y passe également. Par la route, l’accès est possible depuis la Chaux-de-Fonds par la route de la Vue-des-Alpes. A partir du giratoire du Reymond situé à l’entrée du tunnel en direction de Neuchâtel, prendre en direction de la Vue-des-Alpes. Après 2 km environ, sur le plat de Boinod, bifurquer à droite en suivant la Sagne et les Ponts-de-Martel. Le village se situe sur la route de la Tourne qui relie Neuchâtel au Locle. Cette route est le chemin le plus direct entre ces deux villes pour atteindre les Ponts-de-Martel.
Pour rejoindre le terrain d’observation, on peut prendre soit la route faisant face à la gare en direction de la " Zone industrielle des Marais rouges " et de la patinoire couverte. Elle se termine par un parking, point de départ possible (1), abordant notamment le sentier-nature de la tourbière du Marais rouges (2). Autre possibilité : à partir du village, prendre la route pour Martel Dernier et le Bois des Lattes, qui fait face à la route provenant de la Chaux-de-Fonds. Continuer jusqu’à la perte du Voisinage (3). La route qui mène aux Bieds du Milieu s’engage dans les terrains d’observation. En dessus de la perte, on trouve un pâturage buissonneux servant à l’occasion de piste de motocross. Si les motos ne sont pas de la partie, profitez-en pour y faire des découvertes intéressantes. C’est par exemple un excellent endroit pour rencontrer le Merle à plastron à partir de mi-mars et en avril, surtout lorsque des neiges tardives rabattent ces oiseaux au fond des vallées.
A partir de ces points de départ, on peut arpenter la vallée par exemple en suivant le Bied ou en traversant la vallée pour rejoindre les marais de Brot qui jouxtent la route les Petits-Ponts - Noiraigue. Petite indication pouvant avoir son importance ; certains autochtones sont particulièrement peu récéptifs à la présence d’ " écolos " (c’est-à-dire aux porteurs de jumelles !) sur leur territoire. Lors d’une telle rencontre, il convient de garder une grande diplomatie, d’éviter de faire monter la sauce et d’écourter au possible l’entrevue. La population locale contient heureusement aussi des amoureux de leur vallée qui échangeront volontiers quelques propos positifs sur cette magnifique contrée.


GdJ©Jacques Laesser


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