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RADE
DE GENÈVE ET PETIT LAC
500
/ 118, 370 m
Genève GE
Carte n°1301 Genève
Le
site de la Rade est sans aucun doute un des plus connus des ornithologues
suisses et ce pour deux raisons : il offre une très grande
diversité despèces (environ 200 jusquà
nos jours), et cela à deux pas du centre ville. Située
en plein cur de Genève, la Rade (5) proprement dite
est limitée en amont par les jetées des Pâquis
(4) et des Eaux-Vives (doù le célèbre
jet deau jaillit) et en aval par le pont du Mont-Blanc. Elle
forme l'extrémité ouest du lac Léman et, de
par sa situation géographique, concentre les migrateurs (en
automne essentiellement).
Le Petit Lac forme la "pointe" ouest du Léman,
mais nous ne nous occuperons ici que de la partie la plus proche
de Genève. La rive droite (soit 7 km), de Versoix à
la Pointe de Sécheron (la Perle du Lac) est un secteur d'importance
internationale (site Ramsar) pour l'hivernage des Fuligules morillons
et milouins qui trouvent là une abondante offre de nourriture
ainsi qu'une zone calme et non chassée (la chasse est interdite
sur tout le territoire cantonal depuis 1974). La rive gauche (soit
12 km), de Genève-Plage à la frontière à
Hermance est un secteur dimportance nationale pour lhivernage
des canards plongeurs. Curieusement, la Rade proprement dite nen
fait pas partie, alors quelle accueille quelques milliers
de fuligules (essentiellement des Milouins), canards et foulques
en hiver. Un projet consistant à "fondre" cette
zone Ramsar avec le Rhône est à létude
(site Ramsar de la Jonction au barrage de Verbois). Le prolongement
du tout jusquà lEtournel de manière à
créer une immense zone Ramsar transfrontalière a également
été abordé. Mais pour linstant, tout
ceci nest quau stade de projection
En
automne surtout - de mi-juillet à fin octobre - et, dans
des proportions beaucoup plus faibles, au printemps - en avril-mai
- le meilleur poste d'observation est sans aucun doute la jetée
des Pâquis (4) d'où l'on a une vue imprenable sur le
lac et les migrateurs. Il est conseillé de s'y poster dès
le lever du jour ou en fin daprès-midi, même
si l'activité migratoire se poursuit durant la journée,
afin d'éviter l'afflux de touristes et de baigneurs. On verra
ainsi défiler dans d'excellentes conditions de nombreux oiseaux
qui font parfois escale avant de poursuivre leur route vers le sud.
Les jours de pluie et ceux qui suivent une période de mauvais
temps sont les plus favorables à l'observation des migrateurs.
Mais il ne faut pas croire que le beau temps n'amène que
des touristes ; il réserve bien des surprises, notamment
des labbes. Même si ces derniers avec les laro-limicoles restent
le pôle d'attraction de la jetée, les rapaces et les
anatidés constituent de bonnes occasions de se rincer l'il.
Les Hérons cendrés et les Cormorans nous offrent de
magnifiques formations pouvant atteindre plusieurs dizaines d'individus,
voire plusieurs centaines pour ces derniers. Quelques passereaux
s'arrêtent aussi pour souffler un moment ou pour se nourrir
dans l'un des quatre platanes de la jetée. Les premiers canards
en migration sont notés dès le mois d'août,
mais les premiers hivernants réels arrivent en octobre-novembre.
Scrutez le ciel et la surface du lac, surveillez bien les balises
délimitant les bains des Pâquis, jetez de bons coups
d'il sur les jetées environnantes et vous aurez toutes
vos chances ; surtout
soyez patients et revenez-y souvent
!
La visite de cette région en migration post-nuptiale vaut
le détour. Voilà de quoi faire envie aux observateurs
qui nen seraient pas encore convaincus :
Les
Grèbes à cou noir font une arrivée très
remarquée en septembre, alors quils sont déjà
présents au milieu du lac depuis lété.
Les Castagneux se cachent dans les ports et les Grèbes huppés
se regroupent au large. Les Grands Cormorans et les Hérons
cendrés sont très fréquents, l'Aigrette garzette
et la Cigogne blanche irrégulières. Parfois, une Grande
Aigrette passe en silence et un Héron pourpré se mêle
au vol de ses cousins cendrés. Le 13 mai 1924, Poncy observa
même un vol de 60 Flamants roses ! LIbis falcinelle
et la Spatule blanche ont chacun passé au-dessus de la Rade
au moins une fois au cours du siècle passé. Mais arrêtons
de rêver
Tous les canards de surface, en petits groupes de quelques individus
à quelques dizaines sont observables dans de très
bonnes conditions (Souchet, Chipeau, Siffleur, Pilet, Sarcelles
d'hiver et d'été) et les canards plongeurs en petit
nombre (Morillon, Milouin, Eider, Nette rousse, Garrot à
oeil d'or). Le Tadorne de Belon est régulier en petites troupes.
Chez
les échappés de captivité, signalons la Bernache
du Canada, lOie cendrée (qui niche sur lIle Rousseau),
le Tadorne casarca et à tête grise, le Canard mandarin,
carolin et musqué, le Pilet des Bahamas et la Calonette à
collier.
Chez les rapaces, les deux stars incontestées sont le Busard
des roseaux et le Balbuzard avec parfois plusieurs individus ensemble.
Mais la Buse variable, le Milan noir (présent en très
grand nombre en juillet-août), lEpervier, la Bondrée
et en nombre plus restreint le Busard Saint-Martin et le Milan royal
sont aussi régulièrement observés. Les nicheurs
locaux de Faucons crécerelles et hobereaux sont facilement
observables. Ce dernier réserve de superbes observations
lorsqu'il chasse les Hirondelles (de cheminée, de fenêtre
et de rivage). Un ou deux Faucons pèlerins passent beaucoup
de temps sur l'antenne de la poste de Chantepoulet (et parfois sur
la flèche de la cathédrale). Ils sont souvent visibles
depuis la jetée, chassant les mouettes ou les pigeons. Depuis
la gare, lorsque vous descendez vers le lac, la poste de Chantepoulet
se trouve sur votre gauche. Surveillez sa plus grande antenne, le
spectacle en vaut la peine. Habituellement présents dès
août jusquen mars, ils sont maintenant postés
toute lannée de façon régulière
et les observateurs locaux espèrent une nidification en ville
pour les années à venir !
Toutes les espèces de limicoles qui traversent la Suisse
sont visibles depuis la jetée des Pâquis en migration
post-nuptiale. Le Chevalier guignette (jusqu'à plusieurs
dizaines ensemble) et le Bécasseau variable sont les plus
fréquents. Les espèces suivantes sont notées
chaque automne avec un minimum d'un individu à quelques dizaines
: Bécasseaux sanderling, minute, de Temminck, cocorli, Chevaliers
aboyeur, arlequin, gambette, sylvain, cul-blanc, Combattant varié,
Courlis cendré et corlieu, Barges à queue noire et
rousse, Tournepierre, Huîtrier pie, Avocette, Echasse, Petit
et Grand Gravelot. Et plus irrégulièrement: Pluvier
argenté, Bécassine des marais, Bécasseau maubèche,
Phalaropes, ...
Les quatre espèces de labbes ont été observées
à Genève et ce, pratiquement chaque année !
Depuis quelques temps, le Grand Labbe fait des apparitions très
régulières, puisquun ou deux individus ont pris
lhabitude de séjourner sur le Léman. Les 3 "petites"
espèces (Labbe à longue queue, parasite et pomarin)
sont normalement annuelles daoût à novembre,
avec parfois seulement 1-2 observations, alors que certaines années,
plus de 20 labbes, des 3 espèces confondues, peuvent être
repérés à Genève et sur le Léman.
La Rade de Genève est ainsi un des meilleurs sites sur le
continent pour les labbes!
Chez
les laridés, le lac et les balises devant la jetée
attirent bon nombre d'espèces intéressantes : Goélands
brun, cendré et leucophée (beaucoup plus rarement
le Goéland marin), Mouette mélanocéphale (très
régulière, avec parfois 2 ou 3 individus ensemble,
très rarement des adultes...), pygmée et tridactyle
(régulière chaque automne en très petit nombre).
La Guifette noire est commune avec souvent quelques dizaines d'individus
selon les années. La Moustac (au printemps, et plus rarement
à lautomne) et la Leucoptère (en mai ou à
fin août) sont aussi observées généralement
chaque année parmi les Guifettes noires mais en très
petit nombre. Chez les sternes, la Pierregarin est la plus commune
avec des pointes à 120 individus (migrateurs et nicheurs
de Verbois, du Fanel, des Grangettes et d'ailleurs). Parmi les sternes,
la star de la Rade est sans conteste la Caspienne qui se signale
par son cri rauque et sa taille imposante (avec un peu de chance
vous la verrez posée sur la jetée au milieu des Goélands
leucophées). Les Sternes naines, caugeks et arctiques se
montrent irrégulièrement.
Le Martin-pêcheur est souvent observé pêchant
depuis la jetée. Chez les passereaux, on notera la présence
de milliers d'hirondelles et de martinets (cherchez le Martinet
à ventre blanc !) qui sont souvent bloqués quelques
jours par le mauvais temps (gare au Hobereau...). Les Corbeaux freux
et les Choucas passent parfois en petites troupes. Les espèces
suivantes sont régulières mais se montrent très
rarement en grand nombre: Alouette des champs, Pigeon ramier, les
trois espèces de Bergeronnettes, Rougequeue noir et à
front blanc, Gobemouche noir, Traquet motteux, Pouillots fitis et
véloce, Rousserolle effarvatte, Fauvette à tête
noire. Surveillez bien les platanes !
En
hiver, l'observateur ira plus volontiers du côté de
la Perle du Lac (3) pour avoir une bonne vue sur le Petit Lac en
n'oubliant pas de bien regarder dans la Rade (5) qui abrite bon
nombre d'espèces intéressantes. Il va de soi que les
quais entre la jetée des Pâquis et le Perle du Lac
ou même sur la rive gauche permettent aussi de faire des observations
captivantes. Lobservateur pourra aussi s'aventurer plus loin
sur la rive droite en voiture ou en vélo jusqu'au Reposoir
(2) ou au Vengeron (1). La rive gauche, notamment le Port Noir (6),
le port de Ruth (7), et la Pointe-à-la-Bise, (8, cf. site
suivant) réserve de belles surprises à qui prend le
temps de la parcourir souvent. Le meilleur endroit est la Perle
du Lac, mais les autres méritent aussi notre attention. C'est
surtout le moyen de transport choisi qui définira le lieu
visité.
Les grèbes sont bien représentés avec quatre
espèces fréquentes. Seul l'Esclavon n'est pas régulièrement
observé, car difficile à trouver parmi les dizaines
de Grèbes à cou noir ; mais il est présent
chaque hiver. Les Plongeons catmarins et arctiques sont réguliers
chaque hiver avec quelques hivernants. Ces derniers bougent beaucoup
ce qui expliquerait qu'on ne les voit pas toujours, même s'ils
sont présents sur le Petit Lac. L'Imbrin est irrégulier
et toujours observé seul (comme cette observation insolite
d' un individu nuptial en vol le 1er septembre 1993 à la
jetée des Pâquis). Les Cormorans sont présents
en petit nombre (quelques dizaines).
Les canards plongeurs sont bien représentés : Eider,
Macreuse brune (plus rarement, mais chaque hiver, Macreuse noire),
Garrot en abondance, Harle huppé (quelques individus chaque
hiver), Harle piette (chaque hiver, quelques mentions disolé),
Fuligules morillons et milouins par centaines, Nyroca et Milouinan
régulier en petit nombre au milieu des autres fuligules,
hybrides Milouin-Nyroca (le plus fréquent) et Milouin-Morillon
présents chaque hiver dans la Rade (1-4 suivant les hivers)
et observables dans de très bonnes conditions, Nette rousse
(jamais en grand nombre et souvent au milieu des Fuligules), Harelde
(régulière chaque hiver seule ou par petits groupes
pouvant aller jusquà 8). Les canards de surface sont
également bien représentés, mais très
rarement en grands groupes : Canards chipeaux (plus de 100 dans
la Rade) et souchets sont très réguliers, le Siffleur
et la Sarcelle d'hiver hivernent en petit nombre. Le Canard pilet
fait de rares apparitions.
Chez les laridés, le Goéland brun et la Mouette mélanocéphale
hivernent de temps en temps en petit nombre, tandis que les Goélands
leucophée et cendré sont très fréquents.
Le Labbe pomarin ou la Mouette tridactyle font parfois de brèves
et rares apparitions en novembre. Tout comme le Grand Labbe. Cest
la période de lannée la plus propice à
la découverte du Goéland pontique qui " devrait
" être présent en très petit nombre ; "
devrait ", puisque le statut de cette espèce, récemment
séparée de son proche parent le Goéland leucophée,
nest pas encore clarifié.
Parmi les limicoles, seul le Chevalier guignette hiverne en très
petit nombre (1 ou 2). Le Martin-pêcheur est souvent observé
à la Perle du Lac (3) qui accueille quelques passereaux hivernants
de plus en plus fréquents : Pigeons ramier et colombin, Roitelet
triple-bandeau, Pouillot véloce, Fauvette à tête
noire, Rougequeue noir, Bergeronnettes grise et des ruisseaux, Grosbec,
Accenteur mouchet, mésanges, grives. L'Alouette des champs,
le Bouvreuil, le Pinson du Nord, le Corbeau freux et la Buse variable
font parfois des apparitions lors des vagues de froid. L'Epervier,
et parfois lAutour, viennent chasser le long du lac, tout
comme le Faucon pèlerin (voir plus haut).
Si lon regarde maintenant la carte détaillée
de la Rade, voilà les espèces que lon a le plus
de chance de rencontrer suivant le lieu dobservation :
1) OMC : canards plongeurs (Eiders, macreuses, plongeons, Harle
huppé). Si la petite troupe de fuligules est présente
dans la petite baie devant le jardin botanique, y rechercher les
Fuligules milouinans. Beaucoup de Garrots, quelques Chipeaux et
des canards de surface.
2) Perle de Lac : canards plongeurs (Eiders, macreuses, plongeons,
Harle huppé), Hareldes, Garrots, Grèbe jougris et
esclavon, canards de surface en petit nombre. Cest une des
plus belles vues sur le lac ; y rechercher aussi la Mouette tridactyle
au large.
Passereaux dans le parc. Ramiers et Colombins en hiver.
3) Quai Wilson : limicoles en escale en automne, Goéland
brun, Chipeaux et Siffleurs, Garrots, Harle huppé, bergeronnettes.
4) Jetée des Pâquis : limicoles sur les plages, laridés
et sternes sur les balises ou la jetée. Rapaces et anatidés
en passage. Un Goéland brun hiverne chaque année.
Passereaux dans les platanes.
5) Jardin Anglais (Rade) : en hiver, parmi la troupe de Milouins,
les espèces suivantes peuvent se montrer : Milouinans (irrégulier),
Nyrocas (chaque hiver 1-4 inds), les hybrides de fuligules (chaque
hiver), Nettes rousses en petit nombre. Dans la Rade elle-même
et très irrégulièrement : Grèbe jougris
et esclavon, Plongeon catmarin, Harelde, Harle huppé et piette,
Chipeaux (plus de 100), Siffleurs (quelques dizaines).
6) Port Noir : fuligules, Harelde, grèbes
7) Ruth : Grèbe jougris, canards plongeurs
Accès
Depuis la gare de Cornavin, se diriger vers le Pont du Mont- Blanc
et ensuite longer le lac sur la rive droite (Jetée des Pâquis,
Perle du Lac, Reposoir et Vengeron) ou gauche (Port Noir, Ruth,
Pointe-à-la-Bise, Corsier-port), sans oublier de regarder
attentivement dans la Rade elle-même! La visite se fera à
pied, à vélo ou en voiture selon les lieux visités
et la forme physique des mollets de l'observateur !
GdJ © Cyril Schönbächler
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