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Bassecourt, Boécourt, Glovelier
JU
Carte n°1085 St-Ursanne
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Depuis
la gare de Glovelier, suivez sur quelques centaines de
mètres les rails en direction de Porrentruy, atteignez
ensuite le passage à niveau et retournez sur vos
pas, mais de l'autre côté des rails, évidemment.
A votre gauche, une plaine cultivée intensivement
résonne au printemps au chant de l'Alouette. Après
avoir passé derrière une scierie, vous tombez
sur une route goudronnée. En période de
migration, il n'est pas inutile d'aller jeter un petit
coup d'oeil sur le terrain d'aéromodélisme
(2), un gazon fort apprécié des pipits,
Bergeronnettes printanières, Tariers des prés
et même Traquets motteux, si vous avez de la chance.
En revenant sur vos pas, vous remarquerez un dépôt
de gravier (3) lié à la construction de
la Transjuranne (N16) : un endroit typique pour rencontrer
la Linotte, le Serin et de nombreux Rougequeues noirs
et Tariers des prés en période de migration.
Récemment, un couple de Tariers pâtres y
a élevé sa progéniture; cette petite
zone anodine constitue donc, d'après mes renseignements,
le cinquième site de nidification dans la vallée
de Delémont pour cette superbe espèce.
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Après
avoir scruté saules, ronces et fils du train, vous
pouvez longer un petit ruisseau, avec à la clé
le Cincle et, plus rarement, un Martin-pêcheur de
passage. Arrivé sur la route cantonale entre Bassecourt
et Boécourt, vous repartez à travers champs
sur une toute nouvelle route agricole et atteindrez à
nouveau une sorte de carrière (1) constituée
de plusieurs amas de pierres, goudron ou terre, au pied
desquels coule un ruisseau aux berges truffées
de ronces.
Si vous n'avez pas encore vu de Pâtre, c'est ici
que vous avez le plus de chance de vous rattraper. L'oiseau
appréciant autant la gravière comme terrain
de chasse bien découvert que le bord de la rivière
comme cachette où nidifier (rien n'est jamais définitif
en ornithologie, et cette année, le couple de Pâtre
se cantonne plutôt sur la barrière de la
N16...).
Nombreuses sont les troupes de fringilles qui viennent
ici chercher pitance, payant néanmoins un lourd
tribut à l'Epervier. Le rapace a de beaux jours
devant lui, car il n'est pas rare de rencontrer dans cette
décharge des groupes de Bruants des roseaux, d'Etourneaux,
et en moindre quantité, au passage, les trois espèces
de traquets. N'excluez pas non plus une heureuse rencontre
avec une Fauvette grisette ou babillarde.
Avis aux amateurs de rapaces élégants; en
toute saison, cette promenade vous permettra au moins
de voir le Milan royal. C'est en effet un nicheur bien
présent, un migrateur abondant et un hivernant
souvent isolé dans la région, bien qu'un
dortoir d'une dizaine d'individus puisse parfois se former!
Après les Montoyes, véritable clou de la
visite, il ne vous reste qu'à reprendre votre route
à travers champs vers la gare de Glovelier.
L'étang des Montoyes
L'étang des Montoyes (4) est un site construit
de toutes pièces, dont le but premier est... de
recueillir les eaux usées de la N16 (!), cette
autoroute passant à quelques mètres de là.
Il partage cette caractéristique avec l'étang
de la Graiveratte, décrit par la suite.
Une perte de diversité guette malheureusement ces
deux étangs, la végétation ayant
tôt fait, dans un milieu sans dynamique, de reprendre
ses droits et de tout envahir sans demander l'avis des
limicoles, par exemple. Entre 1994 et 1996, peu après
le creusage de l'étang, le nombre de limicoles
observés a été très élevé.
Aujourd'hui, seuls les Chevaliers culblancs et guignettes
sont encore réguliers et parfois obligés
de s'arrêter sur le ponton bétonné
du déversoir... On est loin du printemps 1996 où
le milieu était dégagé au point de
permettre une tentative de nidification du Petit Gravelot.
Tout cela montre d'ailleurs sans équivoque que
la région souffre d'un déficit en milieux
favorables aux limicoles... L'étang a été
vidé dernièrement pour essayer de remédier
à ce problème et du même coup pour
se débarrasser de carpes envahissantes. Espérons
que cette mesure contribuera à relancer une dynamique
positive sur les rives.
Malgré ces petites notes pas forcément réjouissantes,
il faut souligner que les Montoyes constituent le site
le plus intéressant pour observer la migration
d'oiseaux liés à l'eau (laridés et
limicoles, entre autre) dans la vallée de Delémont.
C'est en effet la surface aquatique la plus grande de
la région qui ne soit pas un étang de pêche
entouré de sapinières.
Vous voilà donc dans le genre d'endroit où
rien n'est acquis mais où tout est possible (le
possible étant une variable fortement liée
à la présence régulière d'un
observateur assidu, en la personne de Jean-Marie Gisiger).
De ces données exceptionnelles pour l'arc jurassien,
notons par exemple l'Aigrette garzette, le Goéland
brun, la Mouette tridactyle, la Guifette moustac, la Marouette
ponctuée et un séjour estival de l'Echasse
blanche !
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En
hiver, si l'étang est exempt de glace, Foulques
et Colverts tentent l'hivernage, parfois accompagnés
par le Fuligule morillon, qui lui ne fait que passer.
La Gallinule n'est en outre pas longtemps absente. Plusieurs
Bécassines des marais ont hiverné plus ou
moins régulièrement, tout comme d'ailleurs
la Bécassine sourde et la Sarcelle d'hiver. Pour
les " têtes en l'air ", il est vrai que
Milans royaux, Buses, Faucons crécerelles et parfois
pèlerins résistent aussi au froid.
Le printemps revient rapidement avec le retour des Bruants
des roseaux et l'installation dès fin février
du Tarier pâtre. Mars et avril sont entre autre
marqués par le retour très attendu des rapaces;
Balbuzard, Milan noir, Busard des roseaux, Faucon hobereau
et Bondrée pour ne citer qu'eux. Des Mouettes rieuses
ou des Sarcelles d'été de passage peuvent
aussi faire la joie de l'observateur. Pour les limicoles,
comme signalé auparavant, le nombre d'espèces
et d'observations s'est fortement réduit ces dernières
années; Bécassines des marais, Chevaliers
guignettes et culblancs restent cependant réguliers.
En avril encore, si le temps est mauvais, il n'est pas
rare de voir chasser sur l'étang des groupes d'hirondelles,
parmi lesquelles vous dénicherez peut-être
l'Hirondelle de rivage et, plus rarement, sa cousine de
rochers ; plus réguliers au pic de leur passage
respectif, la Rémiz penduline et le Martin-pêcheur.
En période de nidification, Foulques et Gallinules
sont des habitués. Le Grèbe castagneux va
peut-être reprendre du poil de la bête cette
année... ses effectifs ayant en effet chuté
dernièrement, peut-être à cause de
la prolifération des carpes. Dans les roselières,
les deux espèces de rousserolles rivalisent de
chants territoriaux, passant du rauque au mélodieux.
Notons encore que le Gobemouche gris, la Fauvette à
tête noire, les deux roitelets et la Tourterelle
turque nichent dans la forêt attenante.
Plus discret, le Faucon hobereau témoigne de sa
présence au mois d'août surtout, et me permet
ainsi une superbe transition sur la migration postnuptiale,
qui n'est en fait pas foncièrement différente
de celle du printemps. Novembre par contre semble être
la période où vous avez le plus de chance
de rencontrer des canards de passage, comme le Canard
siffleur, le Fuligule milouin ou encore le Garrot sonneur.
Avant la paix de l'hiver, peut-être entendrez-vous
encore le doux cri du Râle.
Accès
Depuis Delémont, prendre le train régional
en direction de Porrentruy (une liaison chaque heure).
Descendre à Glovelier et suivre les indications
qui se trouvent en début darticle.
GdJ © Arnaud Brahier
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