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/ 204, 1000 m
Les Ponts-de-Martel, Brot-Plamboz NE
Carte n°1163 Travers
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Le
" haut plateau " des Ponts-de-Martel sétend
largement à 1000 m daltitude entre la crête
du Mont Racine et de la Turne et celle de Som Martel.
En son temps, le fond de la vallée était
essentiellement occupé par des tourbières.
Aujourdhui, leur superficie est bien moindre, fortement
réduite par lintense exploitation du début
de ce siècle. Il en reste pourtant de belles reliques,
comme le Bois des Lattes, la plus grande tourbière
bombée de Suisse. Les terrains pris sur les marais
ont été reconvertis en prés et en
champs, implantés sur ce sol encore noir.
Venant de la vallée de la Sagne, le Bied des Ponts,
canalisé sur presque toute sa longueur, zigzague
entre les prairies. Après un coude à angle
droit, le Bied se libère de ses endiguements et
senfonce dans un petit vallon pour disparaître
dans la perte du Voisinage. Les eaux ressortent dans le
Val-de-Travers, à la hauteur de Noiraigue.
La vallée des Ponts est très intéressante
au printemps pour les migrateurs, principalement de mi-avril
à mi-mai. On y découvre le Héron
cendré, la Buse variable, le Milan noir et royal,
la Bécassine des marais, le Chevalier culblanc,
des pipits (le Spioncelle hiverne et quitte les lieux
surtout en avril; les Farlouses arrivent en mars, les
Pipits des arbres vers mi-avril; les Pipits rousseline
et à gorge rousse sont occasionnels), Bergeronnette
printanière, Traquet motteux, Tarier des prés,
Bruant des roseaux (surtout mars) et ortolan (de fin avril
à début mai).
Les espèces nicheuses valent bien entendu également
le déplacement. Les Cailles des blés sont
nombreuses dans la vallée des Ponts et il arrive
que lune dentre elles chante en pleine journée.
On ne se rend compte de leur abondance que lors de sorties
avant laube (à partir de 4 heure) entre mi-mai
et mi-juin, quand leur activité vocale atteint
son paroxysme. Le Râle des genêts, oiseau
nicheur emblématique des prés de fauche,
est devenu fort rare aux Ponts-de-Martel. Il est plus
régulier dans la vallée de la Sagne. Là
aussi, lécoute nocturne (en juin) est la
seule possibilité de contact avec cette espèce
discrète. Autre espèce typique de ce genre
de milieux, le Vanneau était observé chaque
printemps dans la première moitié des années
nonante, avec même une preuve de nidification en
1991. Ces événements semblent appartenir
au passé, puisque le Vanneau est devenu un hôte
de passage irrégulier. Au bord du Bied, le promeneur
attentif peut découvrir dautres oiseaux nicheurs
; citons le Pipit farlouse, le Tarier des prés
et la Rousserolle verderolle. Dans les tourbières
nichent le Pipit des arbres, la Fauvettes des jardins,
le Pouillot fitis et le Sizerin cabaret. La Fauvette grisette
y chante régulièrement ! Parmi les autres
espèces communes, plutôt rencontrées
dans les zones cultivées, citons encore lAlouette
des champs, le Bruant jaune, la Linotte mélodieuse,
le Chardonneret, le Serin. Le Moineau friquet, lui, sy
fait plus discret
Lautomne est une saison plus calme, mais de bonnes
surprises ne sont toutefois pas impossibles ; un Busard
Saint-Martin peut toujours survoler la vallée ou
une Bécassine des marais senvoler du bord
du Bied.
Accès
Un train circule régulièrement de la Chaux-de-Fonds
aux Ponts-de-Martel. Un car postal (quelques correspondances
par jour) de la ligne " Le Locle-Neuchâtel
" y passe également. Par la route, laccès
est possible depuis la Chaux-de-Fonds par la route de
la Vue-des-Alpes. A partir du giratoire du Reymond situé
à lentrée du tunnel en direction de
Neuchâtel, prendre en direction de la Vue-des-Alpes.
Après 2 km environ, sur le plat de Boinod, bifurquer
à droite en suivant la Sagne et les Ponts-de-Martel.
Le village se situe sur la route de la Tourne qui relie
Neuchâtel au Locle. Cette route est le chemin le
plus direct entre ces deux villes pour atteindre les Ponts-de-Martel.
Pour rejoindre le terrain dobservation, on peut
prendre soit la route faisant face à la gare en
direction de la " Zone industrielle des Marais rouges
" et de la patinoire couverte. Elle se termine par
un parking, point de départ possible (1), abordant
notamment le sentier-nature de la tourbière du
Marais rouges (2). Autre possibilité : à
partir du village, prendre la route pour Martel Dernier
et le Bois des Lattes, qui fait face à la route
provenant de la Chaux-de-Fonds. Continuer jusquà
la perte du Voisinage (3). La route qui mène aux
Bieds du Milieu sengage dans les terrains dobservation.
En dessus de la perte, on trouve un pâturage buissonneux
servant à loccasion de piste de motocross.
Si les motos ne sont pas de la partie, profitez-en pour
y faire des découvertes intéressantes. Cest
par exemple un excellent endroit pour rencontrer le Merle
à plastron à partir de mi-mars et en avril,
surtout lorsque des neiges tardives rabattent ces oiseaux
au fond des vallées.
A partir de ces points de départ, on peut arpenter
la vallée par exemple en suivant le Bied ou en
traversant la vallée pour rejoindre les marais
de Brot qui jouxtent la route les Petits-Ponts - Noiraigue.
Petite indication pouvant avoir son importance ; certains
autochtones sont particulièrement peu récéptifs
à la présence d " écolos
" (cest-à-dire aux porteurs de jumelles
!) sur leur territoire. Lors dune telle rencontre,
il convient de garder une grande diplomatie, déviter
de faire monter la sauce et décourter au
possible lentrevue. La population locale contient
heureusement aussi des amoureux de leur vallée
qui échangeront volontiers quelques propos positifs
sur cette magnifique contrée.
GdJ©Jacques Laesser
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