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  Edition 2003 de l'Oiseau-Course d'Hivers d'Altitude  
 


Oh qu’elle était belle l’édition 2003 !

Du beau temps, plein d’oiseaux, plein d’équipes, plein de polémiques, bref de la passion. L’enthousiasme généralisé des équipes ne pouvait engendrer que du beau sport : record d’équipes pour les 46°-47° et dans l’ensemble, record du nombre d’espèces pour toutes les équipes confondues. Le plus invraisemblable record a été réalisé par les « Emules du bien corsé » (c’est nous) qui malgré eux ont effectué deux OCHA en un week-end. Une fierté comme une autre...


Note pour ceux qui débarquent : Il est fait en quelques endroits, dont quelques lignes en dessus, allusion à un événement baptisé « La Polémique » qui a marqué l’édition 2003 de l’OCHA. Les faits sont les suivants. L’équipe des « Emules du bien corsé » ont fait la grave erreur de prendre la bagnole le samedi soir pour déguster une fondue avec les potes d’autres équipes au chalet de Tante Mado. Le lendemain, ils recommençaient leur périple de là où ils en étaient restés avant qu’il ne montent dans le véhicule pour atteindre la magnifique performance de 38 espèces. La gravité de la faute a été largement débattue dans la liste de diffusion du GdJ pour déboucher sur un vote qui devait décider de la validation ou non de la performance. Le vote était serré, mais loyal : le record n’est pas validé ! En conséquence, le parcours des Emules a été divisé en deux, avant le délit et après le délit. C’est pourquoi, il y a eu deux équipes des Emules. Pour ceux qui s’intéressent à ce genre d’anecdotes de tabloïdes, y’en a plus dans le Héron N°213 de Juin 2003. (Quoi, tu reçois pas le Héron ?!)
Quinze équipes se sont alignées ces fameux 18 et 19 janvier 2003. La courbe exponentielle du nombre de participants inquiète les démographes. Selon les spécialistes, le nombre d’équipes pour 2020 atteindra 2 millions, si la tendance suit son cours ! Les compilateurs prévoient d’anticiper leur retraite.
Les alpins ont relevé le défi qui leur était lancé l’année précédente, puisque cette année, six équipes se sont réparties la prospection du massif alpin (inclus Préalpes et Salève). La confrontation entre les deux massifs devient croustillante... neuf équipes jurassiennes (dont les deux des « émules ») leur ont donné la réplique. Cette année encore les Jurassiens dominent avec, toutes équipes confondues, 46 espèces contre 40 pour les Alpins. Nous avons recueilli à chaud le commentaire du fromager du Cerneux-Péquignot qui nous a confié ceci : « Ouray ! »
Toutes régions confondues le total s’élève au record de 53 espèces.
Un regret toutefois est à déplorer, puisque aucune équipe extra 46°-47° ne s’est alignée. Quelques promesses pour 2004 nous laissent présager que les catégories exotiques reprendront du poil de la bête.
Sans plus attendre voici les résultats sportifs. Quinze équipes, quinze exploits !
Les objectifs des équipes ont suivi trois priorités, soit le score, la balade et la fondue. Un classement tenant compte des trois paramètres étant délicat a établir, la liste des équipes suit la répartition du nord au sud (à peu près).
Conditions météorologiques relevées à La Chaux-de-Fonds : Samedi radieux. Le ciel est dégagé le dimanche, se couvrant en fin de matinée. Peu après midi, les premières averses tombent, entre pluie et neige. C’est à ce temps-là qu’ont goûté les Mini-nihilistes dans leur excursion au Salève, le dimanche après-midi (voir catégorie des « Dipables 14/15).
Avant de se pencher sur les résultats, on constate que certaines régions commencent à saturer de monde. La Chaux-de-Fonds frise avec la sur-couverture, avec toutefois de l’inédit pour chacune des quatre équipes. Moléson (est splendide, mais) n’est pas trop vaste pour deux équipes. Ca amène quelques biais dans le nombre de données, certains oiseaux et certains hiatus localisés devenant sur-représentés.
La fondue commune du chalet Tante Mado encourage ce genre d’artefact et engendre même quelques entorses au règlement parmi ceux qui visaient le score et la fondue (OK, pas d’excuse).
On fait confiance aux participants de l’OCHA pour que la méthode (je ne parle pas du règlement que le peuple a défini sans appel comme intransigeant) ne devienne pas prioritaire sur la convivialité. Cette dernière n’entame en rien la nature des résultats que les lecteurs auront l’intelligence d’interpréter en fonction des ambitions de l’OCHA.

 

 

 

 

Instants choisis des 46-47°N

 

Echos des " Galinettes cendrées jurassiennes "


Nous débutons donc cette escapade ornithologique et sportive depuis les Avants en raquettes. Le ciel bleuoie et le soleil rougeoie. La gare du village étant à 978m, nous commençons le comptage un peu plus haut. C’est la première fois que nous faisons de la raquette et nous sommes très enthousiastes. Nos premières observations sont les Mésanges, Pinsons, Grosbecs, … enfin bref, des passereaux. Dans la première clairière, voilà le passage d’un Epervier, d’une Buse ainsi que les cris du Pic vert et du Casse-noix. C’est tout bon pour nous, encore 23h à ce rythme-là, et on explose le score (évidemment que ce rythme ne sera pas tenu). La montée au chalet nous prend environ 3h. On y dépose nos affaires et on repart immédiatement pour profiter du jour le plus longtemps possible. Nous observons alors Grand Corbeau, Becs-croisés, Roitelets huppés,….
On retourne au chalet juste avant la nuit. Nos sous-vêtements sont trempés tellement on a chaud. On fait du thé et on commence de préparer la traditionnelle fondue. Dedans il fait plus froid que dehors, mais rien de tel que du Renaud pour nous réchauffer. On se passera que ça comme musique toute la soirée d’ailleurs, vu qu’on est les deux fans. On sort alors un moment pour écouter les nocturnes. Ca ne chante pas beaucoup, mais tout à coup, un cri … mais ce n’est pas un oiseau. Mais oui, il n’y a pas de doutes, c’est… le lynx. Il n’est pas très loin, en plus c’est la pleine lune (je crois). On espère le voir passer dans la neige, sur le coteau opposé, mais rien (non, nous ne nous sommes pas trompés sur la détermination de ce cri. De plus le CD confirme nos dires). Au bout d’un moment, une Chouette hulotte se met timidement à chanter, enfin. C’est alors l’heure de manger notre fondue. Mmmmh, comme elle est bien réussie. La soirée s’agrémente ensuite de parties de cartes, de parties d’échecs, de cake (fait par la maman de David, merci Gaby) et de petites sorties fréquentes sur le pas de la porte (où on s’est d’ailleurs cassé la figure à plusieurs reprises) pour écouter les nocturnes. Bien sûr tout cela égayé par du Renaud.
Comme on est des malins, on a oublié un réveil et c’est le soleil qui nous réveille vers les 8h30. On se lève, déjeune, et part. Ce début de matinée sera riche en nouvelles espèces. Parmi elles on trouve le Sizerin, le Venturon , le Tarin, la Pie,…. Les raquettes dans la poudreuse, c’est que du bonheur, malgré nos talons qui commencent à le sentir. Toutes les dix secondes, nous fixons le ciel et les sommets à la recherche de l’Aigle, c’est alors que le voilà, un probable deuxième hiver. Cela nous remotive complètement et s’est reparti. Nous commençons à rebrousser chemin pour aller prendre celui qui se trouve sous la dent. C’est alors que s’enchaîne une succession de sauts, celui qui saute le plus loin, le plus haut… même par-dessus un ruisseau (même que je me suis lamentablement étalé en travers du ruisseau). Mais bon, c’est plus marrant de s’étaler que de même pas essayer, hein David.
Il nous reste alors que 25 minutes lorsque nous entamons le chemin sous la dent. Nos efforts seront bientôt récompensés par le bref passage de deux Chocards en dessus de la dent. Quelques dizaines de mètre plus loin, une poule de Tétras lyre s’envole à nos pieds et monte ainsi notre nombre d’espèce à 29. Arrivé de l’autre côté de la dent, il nous reste cinq minutes. On s’arrête devant une paroi de la dent, espérant voir un Ticho ou autre, mais en vain. Nous redescendons au chalet, empaquetons nos sacs, coupons l’eau et l’électricité et repartons direction les Avants. La descente se fait rapidement, mais très douloureuse pour les talons.
Tout est bien qui fini bien. C’est une expérience que l’on se réjouit déjà de recommencer. Nous incitons tous ceux qui n’ont jamais participé à l’OCHA, de ne pas manquer une occasion pareille.

 

Echos des " Genevois rien "

Tiens, puisqu'on parle de l'OCHA 2003... je vais continuer...
Nous avons aussi commis une fâcheuse contrevenue... puisque nous avons participé à l'OCHA 2003 sans s'être inscrit... Est-ce éliminatoire ???
En bref, ... l'équipe des "Genevois rien" formée par les valeureux courageux du Groupe des Jeunes Genève, à savoir Martina, Simon, Noémie, Gaëtan, Jean-Esteban et Erwan ont privilégié la proximité à la quantité. Les stratèges et les tacticiens sont restés à la maison et le choix s'est orienté vers St-Cergue, le caillou municipal étant déjà squatté par d'autres OCHAologues.
La balade sur 2 jours commence le 18 à 14h38 à la gare de St-Cergue et se finit au même endroit à la même heure le lendemain. Les données GPS donnent une balade de 12.6 km, 3h33 de marche, 4h24 de pause à la vitesse moyenne de 3.5 km (hors pause, 1.6 avec) (ceci prouve que la translation n'a pas été utilisée...). Enfin, pour les curieux, la liste des 22 espèces recensées (dans l'ordre) : Geai, Corneille, Pinson des arbres, Tarin, Pie, Merle, Gros-bec, Pinson du Nord, Bouvreuil, Mésange charbonnière, Moineau domestique, Verdier, Cassenoix, Mésange noire, Beccroisé, Pic vert, Pic noir, Grand corbeau, Sitelle, Mésange huppée, Buse variable, Grimpereau des bois.

 

Echos de " La bande à lait cru"

Après un début explosif en milieu résidentiel (15 espèces en 30min), on fait un petit tour dans les parcs où notre liste OCHA stagne franchement.
Petite pose en dehors de la ville: on mange tranquillement un Sanglé, alors que Bastien and Co nous découvrent à cause de l'odeur. Il nous communique direct son résultat intermédiaire, alors qu'on avait tout fait pour les éviter dans le parc Galet: "18 espèces!". Bastien nous dévoile un Pèlerin vu de dessous furtivement, mais bon des pèlerins y en a au moins un par jour au-dessus de la Tchaux.
De nuit, à La Corbatière, on profite de la pleine nuit pour écouter les nocturnes. Résultat nada, mais cela ne nous a pas retenus pour profiter de cette belle nuit étoilée et éclairée par cette magnifique lune. Rien de plus plaisant lorsqu'il y a un peu de neige. Au chalet, Jacquot innove (comme toujours) avec une superbe fondu contenant un petit peu d'Epoisses. Dimanche, lever du soleil avec la vue sur les Alpes et le chat du casse-noix, Grand Corbeau, Mésange noire et Geai. Après une marche le long des crêtes nous coupons droit en bas pour rejoindre le Bied, ce raccourci faillit bien décimer notre troupe, en effet la descente du ruisseau gelé nous a fait regretter de ne pas avoir pris nos patins à glace.

 

Echos de " L'Expédition polaire au Moléson "


Samedi 18 janvier à 2h00 coup d'envoi de notre périple qui durera 24h ( se divisant ainsi: 1h00 au bistrot histoire de bien commencer le week-end, 9h00 de sommeil, un réveil très difficile le dimanche matin et 2h00 au resto pour manger une pizza bien mérité le dimanche à midi et surtout 12h00 d'observation quasi intensive!).
Anecdote 1 : En arrivant au Chalet des clés, on nous dit que personne n'avait reçu notre réservation et que le chalet était plein à cause d'une sortie à la pleine lune organiser par le CAS ( en fait le gars qui s'occupe des locations m'avait dit que nous ne pourrions sûrement pas dormir à cause de cette sortie mais dans la crainte de démotiver mes deux courageux équipiers je leurs ai caché ce petit détail... )alors, ils firent preuve de cette légendaire hospitalité propre à ces bons montagnards gruyériens et nous laissèrent dormir dans la salle à manger en nous offrant même un solide ptit dèj! Nous les remercions donc au passage.
Anecdote 2 : Lors de notre sortie nocturne ( qui se releva infructueuse ) Angelo, vit une belle descente enneigée et tout à coup, pris par un soudain élan d'adrénaline incontrôlable, se mit en tête de la descendre assis sur sa "bombers" vu que nous n'avions ni de luge ni de bob ni même de sac poubelle! Expérience ratée car après à peu près 20 mètres, il s'éclata littéralement la gueule dans la neige!!! Il en avait jusque dans le calebar, ce qui écourta notre sortie nocturne vu qu'il avait tellement froid qu'il pouvait à peine bouger.
Alors le rendez-vous est pris pour l'année prochaine!

 

 

Echos des " Motsès "


Afin de préparer nos sens et notre estomac au rude climat montagnard des Mayens-de-Riddes, nous sommes déjà montés le vendredi soir au chalet de Marc.
Le samedi matin, nous sommes partis à Isérables, où nous avons été rejoint par Jacques, complétant ainsi la valeureuse équipe des « Motsès ». Nous commençons l’OCHA à 13h10, avec l’observation de trois accenteurs alpins (1) sur le toit de la station du téléférique Riddes-Isérables. En traversant ce même village perché à 1100 mètres d’altitudes, nous cochons nos premières espèces, et nous en ajoutons quelques-unes à Auddes. Nous nous arrêtons pour casser la croûte près d’un vieux mazot. Puis nous continuons notre ascension vers les Mayens-de-Riddes, montée qui se révèle d’ailleurs peu fructueuse sur un plan purement ornithologue. Ce n’est qu’en arrivant aux Mayens qu’un aigle royale immature passe à notre verticale pour aller jouer avec les courants sur une crête déjà occupée par de nombreux parapentes. En remontant vers le chalet, nous voyons la mésange noire que nous identifions enfin avec certitude, un groupe d’une dizaine de sizerins dans un mélèze et une mésange à longue queue. C’est sur cette bonne note que nous décidons d’arrêter là cette première journée d’OCHA. Nous nous donnons quand même à fond pour attaquer une sublime raclette. Oui, oui, une raclette ! Car bien que la fondue soit conseillée, notre sentiment valaisan nous force à nous démarquer des équipes plus occidentales.
Le réveil matinal du dimanche s’avère fort précoce. En effet, la lune pleine et le temps excellent, nous décident à nous lever à 6 heures du matin et de partir en quête de la chevêchette qui malheureusement se révèlera introuvable. Nous descendons alors vers un endroit fécond aux volatiles que nous avions repéré la veille. Nous y trouvons divers passereaux qui viennent allonger notre liste et plus tard, bonne surprise, un autour des palombes… En remontant déjeuner, dans le village, nous cochons enfin le moineau domestique. Après avoir préparé un pic-nique, nous chaussons skis et raquettes et nous nous enfonçons dans la forêt où nous voyons finalement le casse-noix ainsi que la mésange huppée, tant attendue par Jacques. Nous persévérons dans la montée et notre 26ème et dernière espèce se révèle à nous : le pic épeiche – et de 26 –. Les dernières 40 minutes, rien de nouveau ne nous apparaît mais nous faisons la preuve de la grande quantité de bec-croisés.
Nous finissons l’après-midi par une descente en luge destinée à nous réduire le coccyx en un état fort déplorable.
Voici le compte-rendu de notre première OCHA, mais sûrement pas la dernière à voir la motivation générale.

 

Echos des " Ochasseral "

Stratégiquement, et parce que le but est d’atteindre le sommet du Chasseral, nous décidons de porter le gros de l’effort sur le premier jour de course. C’est donc à 9 heures pile samedi matin que nous parquons la voiture aux Prés d’Orvin, juste au-dessus des fatidiques 1000 mètres. Les Prés d’Orvin, avec deux pistes de ski et plus de 400 chalets éparpillés dans ce qui devait être un pâturage boisé, c’est un peu le Verbier du Jura bernois. Loin de ces considérations économiques ou paysagères, les ochalogues que nous sommes l’instant d’un week-end ne retiendront que l’aspect positif de ces nombreux chalets : les mangeoires. Très nombreuses et de styles variés (l’une d’entre elle ressemble à une œuvre miniature de Mario Botta), elles attirent une foule d’oiseaux ; on s’en doutait et on n'a pas été déçus. La sortie de la voiture fut ainsi des plus mouvementée : des rafales très serrées de coups de jumelles et des indices sonores crépitants nous permettent de ranger corneille, geai, Moineau domestique, sittelle, pie, verdier, Roitelet huppé, tarin, Pic épeiche, cassenoix, Pinson du Nord et des arbres, Mésanges charbonnière et bleue dans la catégorie des « acquis ». De cette première vague de 14 espèces, dite vague de la pré-chaussure lacée, nous retiendrons avant tout le Tarin des aulnes, qui ne sera aucunement retrouvé par la suite… (dans quelle mesure cela est-il dû à une attention focalisée sur d’autres objectifs ?).
Enfin prêts pour affronter le Chasseral, nous zigzaguons ensuite de mangeoire en mangeoire pour compléter la liste des espèces liées à ce milieu. Assez rapidement et sans grands efforts de prospection, la liste des « très faisables » ne nous déçoit pas : Mésanges nonnettes, noires et huppées, Merles noirs et bouvreuils sont assurés, tandis que nous observons l’unique grosbec de la virée. Contrairement à l’année passée, cette espèce a bien failli ne pas être sur la liste : peut-être la plus belle frayeur rétrospective de notre course. En montant toujours à travers les chalets, nous notons avec joie le fabuleux cri d’alarme du troglodyte ainsi que les premiers cris de bec-croisés, ceux-ci marquant le début d’un nombre incroyable de contacts avec cette espèce.
Une fois hors de la zone d’influence des mangeoires, un pic d’activité de la sittelle (au moins six individus se chamaillent) est atteint dans un pâturage boisé proche de la Métairie d’Evilard. Au même endroit, un Grimpereau des bois chante brièvement. Merci toi d’être là, tu seras le seul de notre balade. Dès lors, et à l’exception remarquable des bec-croisés, nous allons réapprendre la valeur du mot silence. Une traversée du désert nous attendait. Tout désert qui se respecte possède cependant son charognard, et seul un Grand Corbeau viendra troubler la sérénité des lieux, et du carnet de note, sur plusieurs kilomètres. Une fois passée l’épaule de la crête, une première attend des ochalogues qui comptabilisent pourtant leur troisième expédition : le chant du bec-croisé, événement semble-t-il digne de figurer dans ce compte-rendu. Nous faisons ensuite un bout de chemin avec de sympathiques fondeurs au sommet de leur forme, dérangeons un convoi de chiens de traîneau attirés par l’odeur de lard et de saucisse émanant des sacs à dos, admirons dans une profonde forêt différentes variétés de lichens, certains très pratiques comme postiches à barbes et moustaches. Cependant, diable, rien pour nous rappeler à notre devoir…
A bout de force après l’ascension pour rejoindre la crête, la pause de midi apporte les globules rouges en suffisance, mais aussi le clou de la marche. La digestion n’est en effet pas entamée qu’un Faucon pèlerin arrive vers nous, prend un ascendant et nous gratifie d’un piqué vertigineux sur Nods, ce qui nous ragaillardi à l’entame du long chemin de crête que nous avons encore à parcourir pour atteindre le sommet du Chasseral. Après une heure et demie de marche dans une neige capricieuse et peu encline à supporter notre poids plus de deux pas d’affilée, la vue se dévoile sur une superbe mer de brouillard qui noie le Plateau suisse. Aucune nouvelle espèce, mais quelques Roitelets huppés, bec-croisés, une Mésange bleue et deux Grands Corbeaux sont observés au-dessus de 1500m d’altitude. Nous laissons ici le soin à une commission de statuer sur le fait que ces 4 espèces pourraient compter double. En attendant, l’observation des deux corvidés est digne d’intérêt, car elle prouve que tous les Grands Corbeaux du Jura bernois ne stagnent pas dans la région du Moron, ou du moins certains s’en écartent quelque peu à l’occasion.
Sur le chemin du retour, rien à signaler avant le passage dans un parc à bison… heureusement, pas de bisons en vue, malheureusement, pas de mésangeais non plus. C’est au crépuscule, ayant atteint le pied du Mont Sujet, qu’enfin nous entendons la manifestation sonore ardemment désirée du Pic noir.
Après la traditionnelle fondue à la Métairie de Prêles qui nous sert de refuge pour la nuit, une rapide écoute nocturne sous le disque lunaire nous permet d’ajouter la hulotte. Le compte est bon pour la première journée. Le lendemain, le contre la montre est lancé; il ne reste qu’une heure de jour avant la fin de la course. C’est en retournant tous sens en éveil à la voiture que les trois dernières espèces vont « tomber » : d’abord une buse, puis une Grive draine qui pousse la chansonnette et enfin un bref appel de Pic vert. C’est sur cette dernière note que se closent les débats… jusqu’à l’année prochaine !

 

Echos des " Bramanamanal "

C’est avec une superbe motivation que les détenteurs du record des 46-47°N se mettent en selle samedi après-midi, rejoints par La Bouègne et Maître Piot venus de leurs lointaines contrées.
L’ascension du Moron se passe sans histoires et les espèces s’égrènent petit à petit : seul le Pic noir se refuse à nous malgré les nombreux sifflements d’Aldebert, pourtant champion de l’imitation des pics. La Bouègne force l’admiration de tous en urinant sans les mains dans la neige pas fraîche.
Les chemins forestiers se révèlent ma foi bien glacés lors de la descente, et La Bouègne (lui encore) montre une témérité très respectable lors de ces périlleux moments. Après un superbe lever de lune sonorisé par le chant de deux Tengmalm, notre Bueno regrettera cependant un peu son audace : une élégante galipette par-dessus son guidon vaut une belle amochée au bouchon de sa bouteille de jus de tomate (et aussi un peu à La Bouègne lui-même, mais il en a vu d’autres).
Deux ou trois chutes et une quinzaine de kilomètres plus tard (ainsi qu’une pédale foutue pour l’Anarber, pas cool), c’est enfin l’heure de la fondue aux Reussilles. Le Piot entend un Moyen-Duc en souhaitant joyeux anniversaire à sa grand-maman par natel devant la maison. Malgré cette nouvelle espèce qui aurait fait du bien à nos petits 22, nous autres ne sortons pas, retenus par le fromage fondu. Que du malheur : le Moyen-Duc se tut, et malgré une nuit à se les peler fenêtres ouvertes en espérant un petit « bouh », pas de Hibou.
Le lendemain, un vent glacial nous accompagne jusqu’aux Breuleux en passant par les Reussilles, ce qui nous vaut toutes les espèces presque urbaines comme la Pie, le Moineau domestique et même la Tourterelle turque que franchement on n’attendait pas. Après un tour des mangeoires du bled, direction la tourbière de la Chaux-d’Abel, où un bienvenu remplissage de panse nous requinque un bon coup. Encore quelques espèces avant que nous nous décidions à aller chercher le Pic noir et le Cassenoix, qui nous manquent encore, dans un massif forestier pas trop loin : seul le deuxième poussera un petit « prrrrrr », le pic étant définitivement décidé à se taire… Quelques durs coups de pédale plus loin, on est à la gare des Breuleux, où le train nous fait définitivement quitter l’OCHA 2003, encore une fois bien sympathique - mais rude pour les fesses !

 

 

 

 

Vous le savez sans qu’on vous le rappelle :

troisième week-end de janvier, c’est l’OCHA !

Saisissez immédiatement vos stylos indélébiles et inscrivez en grand les quatre initiales mythiques sous les 17 et 18 janvier 2004.
Soyez de la quatrième édition de l’imprévisible OCHA !


Tiens-toi au courant de l’actualité OCHA en suivant le site et la liste de discussion du GdJ.

Au fait, pour le mot de la fin, l’OCHA-dicton de l’année :

La pleine forme... mais pas autant que la montagne !

 

 

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