N°499 - Volume 57 / 1 - mars 2010
Terrasse, M. – Editorial: Genèse d'une reconquête.
Posse, B. – Afflux spectaculaires de Vautours fauves Gyps fulvus en Suisse (2005-2009). Visiteur annuel depuis 2000, le Vautour fauve s’est rapidement fait régulier dans le ciel helvétique, totalisant 219 données (587 individus) en 5 ans (2005-2009), contre 48 données (71 individus) au cours des 105 années précédentes (1900-2004). Ces afflux se répartissent avant tout entre mi-mai et mi-juillet, en deux phases: la première brève, vers fin mai ou début juin; la seconde plus étendue, entre mi-juin et mi-juillet essentiellement. Les mouvements d’apparition au cours de ces 5 dernières années montrent un déplacement vers l’est du pays: le Jura n’est maintenant que brièvement visité, en mai essentiellement, puis le massif alpin gagne en importance (sud des Alpes excepté). Les vautours atteignant la Suisse sont essentiellement solitaires ou par deux (75% des cas), généralement en transit. Rares sont les séjours (6% des données), de même que les oiseaux affaiblis ou trouvés morts (1%). Le caractère saisonnier de l’apparition du Vautour fauve et la mortalité infime suggèrent que ces mouvements sont avant tout liés à la prospérité des colonies du Sud-Est français et sans lien évident avec la pénurie alimentaire qui sévit toute l’année en Espagne.
Strenna, L. & N. Boileau – Activités, modes de chasse et régime alimentaire du Faucon crécerelle Falco tinnunculus en hiver en Bourgogne. L’hivernage d’une population de Faucon crécerelle a été suivi, de 1992 à 2005, sur une zone de 411,8 km2, autour de Saint-Seine-l’Abbaye, en Côte d’Or. De novembre à février, les crécerelles ont été dénombrées (N=1557 contacts, dont 1012 avec description des comportements) à partir d’itinéraires routiers et grâce à des marquages colorés (N=204). La chasse représente en moyenne 65,4% des activités observées, davantage chez les juvéniles (78,5%). Les crécerelles chassent plus dans les milieux prairiaux (74%) que dans les milieux mixtes (68%) et cultivés (54%). La chasse en Saint-Esprit est plus utilisée dans les cultures. La chasse perchée augmente au cours de l’hiver, sans effet de la température. Le mode de chasse n’est corrélé ni à la masse ni à la condition corporelle, chez le mâle comme chez la femelle. Les perchoirs artificiels sont majoritairement utilisés dans tous les milieux, davantage par les juvéniles. Les résultats sont comparés avec les principales études européennes sur le sujet (Grande-Bretagne, Suisse, Autriche).
Mulhauser, Bl., J.-L. Zimmermann & St. Regazzoni – Reprises de Bécasses des bois Scolopax rusticola nichant dans le Jura franco-suisse. Le départ en migration intervient entre mi-octobre et début novembre, d’après les reprises de 2 oiseaux adultes et de 3 jeunes nés sur le site, puis tirés à la chasse. Tous y étaient encore présents à la fin septembre (dont un cas encore proche du lieu de naissance à mi-octobre). A début novembre, deux reprises d’oiseaux bagués témoignent d’éloignements de 43 et 343 km.
Posse, B. – Une nouvelle invasion de Jaseurs boréaux Bombycilla garrulus a atteint la Suisse romande en 2008-2009.
Mulhauser, B. & J.-L. Zimmermann –
Des œufs de pucerons comme nourriture principale du Jaseur boréal Bombycilla garrulus lors d’une étape migratoire prénuptiale. Durant la seconde moitié d’avril 2009, des troupes de jaseurs survolant la région des Hautes Tatras en Slovaquie, ont découvert une ressource alimentaire originale: les couvains du puceron Adelges laricis, déposés autour des bourgeons de mélèze Larix decidua en train de s’ouvrir. Malgré la petite taille des œufs, l’abondance des pontes (plusieurs dizaines par rameau) était suffisamment attractive pour que les oiseaux s’en nourrissent préférentiellement.
Beaud, M.– Le Jaseur boréal Bombycilla garrulus buveur de sève au jardin botanique de Fribourg. En mars 2009, une troupe de neuf Jaseurs boréaux a fait halte au jardin botanique de Fribourg. Ces oiseaux sont observés se nourrissant de Gui et s’abreuvant de sève coulant d’un Bouleau à papier Betula papyrifera fraîchement taillé. Ce type de comportement a été signalé à quatre reprises en Europe, les deux mentions récentes proviennent du canton de Fribourg. Ces comportements sont à chaque fois consécutifs à une intervention humaine et ne semblent pas avoir été décrits dans des situations naturelles en Europe.
Zimmerli, M.– Nidification d’un couple mixte de Héron pourpré Ardea purpurea et de Héron cendré Ardea cinerea au Fanel (lac de Neuchâtel, Suisse).
Beaud, M.– La Corneille noire Corvus corone corone nicheuse dans les falaises de molasse de la Sarine, canton de Fribourg. Rarement mentionnée en Suisse, la nidification de la Corneille noire en falaise est décrite et documentée dans le canton de Fribourg. Trois sites sont signalés pour les falaises de molasse, deux en ville de Fribourg et un à Granges-Paccot. La nidification d’un couple en 2009 est sommairement présentée
Haag, Chr., M. Schweizer, D. Hercigonja, P. Lustenberger & A. Fasel – Première observation du Gobemouche à demi-collier Ficedula semitorquata en Suisse. Un Gobemouche à demi-collier mâle de 2e année a été observé les 5 et 6 mai 2009 à Cudrefin (Vaud), lac de Neuchâtel, pour la première fois en Suisse. L’identification formelle a pu être apportée grâce aux photographies, qui ont notamment permis de distinguer cet oiseau des autres espèces de gobemouches et des hybrides entre G. noir F. hypoleuca et G. à collier F. albicollis. Cette observation, acceptée par la Commission de l’avifaune suisse, constitue la mention la plus septentrionale en Europe.
Mulhauser, B. – Un Campagnol roussâtre au menu du Grand Tétras. Bien qu'essentiellement végétarien, le Grand Tétras ne dédaigne pas les proies animales lorsque l'occasion se présente. Dans ce contexte, la capture d'un campagnol demeure toutefois exceptionnelle. Cette note relate ce fait sur la base d'analyse d'une crotte découverte en août 2008, qui contenait des fragments d'os de Campagnol roussâtre.
Actualités ornithologiques: novembre 2009 à janvier 2010.